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#biodiversité / Un million d’espèces menacées d’extinction : Le printemps 2019 sera-t-il l’automne du loup ?

N’oublions pas qu’à côté des pesticides et du climat, l’une des causes majeures de la disparition des espèces reste le fusil...

Vendredi 10 mai 2019 Biodiversité Grands prédateurs

N’oublions pas qu’à côté des pesticides et du climat, l’une des causes majeures de la disparition des espèces reste le fusil ! C’est ce fusil qui attend nos loups de France si nous ne réagissons pas enfin avec l’énergie qui s’impose pour empêcher le massacre.

Les scientifiques, relayés par les services de l’État et les ONG, ont annoncé le chiffre de 500 loups comme étant le seuil de viabilité de l’espèce en France. Force est de constater que nous semblons y arriver bientôt et que, pour ceux qui n’ont jamais accepté la présence d’un super-prédateur sur notre territoire, ce chiffre ne doit absolument pas être dépassé.
Si l’État a jusqu’à ce jour freiné (timidement) les ardeurs des exterminateurs du loup, en s’appuyant sur son statut d’espèce protégée par la Convention de Berne et la Directive Habitats et sur le fait que notre petite population de loups n’était pas viable, il semble que le vent tourne et que les digues risquent de céder.

Notre État de droit a démontré qu’il pouvait être ferme, voire qu’il n’hésitait pas à utiliser la violence en cas de troubles à l’ordre public (cf. borgnes et manchots chez les « gilets jaunes » !).
Mais quand il s’agit des agriculteurs et des chasseurs, ce même État est curieusement aux abonnés absents. Dernier avatar en date : une poignée d’agriculteurs de la Coordination Rurale qui, à Caussade (Tarn et Garonne), ont pu ériger un barrage en toute illégalité sans être importunés par les forces de l’ordre !
Pour le loup, il en est de même : devant les outrances des représentants des agriculteurs et des chasseurs, l’État tergiverse, s’abrite derrière l’Europe et les conventions internationales. Il se comporte comme un coupable plutôt que de défendre haut et fort la légitimité de la protection d’un super-prédateur comme le loup.
Mais le pire est devant nous car, d’indulgent, l’État français est en passe de devenir activement coupable d’un massacre digne du 19ème siècle. Une fois franchi le seuil des 500 individus, une fois passés les projets de zones d’exclusion du loup, une fois accepté le concept de troupeau non protégeable, c’est un déluge de feu qui va s’abattre sur le loup. Et cela dans le but inavoué, mais tellement transparent, de stopper net la progression de l’espèce vers l’ouest et de réduire ses effectifs au strict minimum, afin de contenter les éleveurs et les chasseurs, tout en évitant les reproches de l’Union Européenne.

Que faisons-nous de notre devoir de préservation de la #biodiversité ? Ne devons-nous pas faire valoir que la France demande avec force, voire arrogance, aux africains de préserver les lions et les éléphants et qu’elle n’est pas capable de s’accommoder de quelques centaines de loups sur son territoire ?
Que faisons-nous de notre devoir de préserver les grands équilibres naturels ? Les agriculteurs et les forestiers gémissent car sangliers et cerfs prolifèrent. Ne devons-nous pas oser dire que la prédation du loup est une partie de la solution du problème car les chasseurs s’avèrent incapables de « réguler » !
Ne devons-nous pas contester le soutien à bout de bras d’un élevage ovin moribond, victime de la désaffection des français pour cette viande et de la concurrence internationale ? N’avons-nous pas le devoir de dénoncer le mensonge du mouton allié de la biodiversité, alors que les troupeaux ravagent les prairies alpines, arrachant les plantes, empêchant leur reproduction en les dévorant avant la floraison et empoisonnant tout ce qui vit avec les insecticides imprégnant leurs toisons ?

Défenseurs de la biodiversité, défenseurs de la faune sauvage, amoureux de la Nature, réveillez-vous avant qu’il ne soit trop tard, avant que notre monde ne soit définitivement désenchanté par l’achat de la « paix sociale » par un État sous la pression des lobbies du mouton tirelire, du roquefort et du fusil.

Eric Feraille, Président de FNE Auvergne-Rhône-Alpes.

Publié par FNE Auvergne Rhône Alpes

Le Vendredi 10 mai 2019

https://www.fne-aura.org/actualites/region/biodiversite-un-million-despeces-menacees-dextinction-le-printemps-2019-sera-t-il-lautomne-du-loup/

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