— L'essentiel —

MONTAGNE

Vendredi 12 octobre 2018 Montagne

Défendre la montagne

Le Pôle Montagne

Le Pôle Montagne a la particularité de réunir les FRAPNA de l’Isère, Haute-Savoie, Savoie mais aussi d’échanger et d’agir avec d’autres associations liées à la montagne : Commission internationale pour la protection des Alpes (CIPRA France), Fédération française des Clubs alpins de montagne (FFCAM), Mountain Wilderness France, et des associations locales comme Vivre en Tarentaise (VET), Valloire Nature et Avenir (VNEA), Vivre et Agir en Maurienne (VAM).

Le Pôle Montagne est aussi un espace de discussion avec toutes les parties prenantes de la montagne, exploitants de domaines skiables, opérateurs de tourisme, scientifiques, politiques et enfin les services de l’Etat. Par cette recherche de dialogue avec tous, l’objectif est bien d’être un acteur de la montagne, capable de comprendre les intérêts et les visions de chacun et de rendre des décisions éclairées en matière d’aménagement de la montagne, soit qu’on améliore ou qu’on provoque l’abandon des projets trop nuisibles à l’environnement.

La revue L’ECHO AUX MONTAGNES témoigne de cette curiosité à des thématiques diverses, partage les connaissances et nos réactions à l’actualité des montagnes. Collection à suivre sans hésitation !

« En tant qu’acteur de la montagne, il est important pour nous de dialoguer avec toutes les parties prenantes » 

Hervé Billard, pilote du pole montagne FNE AURA

Neige artificielle, nous avons écrit aux préfets

En réaction au développement effréné des projets d’enneigement artificiel en Rhône-Alpes, la FRAPNA a écrit fin mars 2017 à tous les préfets de montagne pour alerter et les mobiliser sur les incidences environnementales de la neige artificielle.

Nous demandions, notamment sur les 50 nouveaux projets aidés par le Conseil Régional, de garanties légales, règlementaires mais aussi de bon sens.

La compatibilité des prélèvements d’eau avec les autres besoins en eau. La qualité biochimique de l’eau utilisée pour la fabrication de la neige. L’eau peut contenir des germes pathogènes lors du stockage initial qui seront restitués sans filtrage pédologique à la fonte des neiges y compris lorsque les écoulements de fonte traversent l’aire d’alimentation d’un captage d’eau potable (cf. rapport AFSSET de 2008). Garantir l’absence d’utilisation d’additif pour la production de neige. Exclure et contrôler le déversement de biocides dans les retenues et autres stockages d’eau, destinés à la fabrication de neige artificielle Limiter la surconsommation énergétique non compatible avec nos engagements pour le climat.
Nous souhaitons enfin que soient rendues publiques les données collectées sur l’utilisation de la neige artificielle, détenues par les observatoires interdépartementaux de la neige artificielle, hébergés dans les DDT, apparemment recueillies mais non traitées faute de moyens.

Globalement, la couverture des sols par la neige artificielle augmente le ruissellement plutôt que l’infiltration des eaux. Ce phénomène peut nuire à la recharge des nappes souterraines, augmenter les risques d’érosion des sols, ou retarder de façon conséquente la reprise de la végétation.

 

« Ski Line » à Tignes : jusqu’où iront-ils ?

Dans un contexte de changement climatique et de tension sur la ressource en eau, la commune de Tignes lance, adossé à la création d’un nouveau Club Med à Val Claret, le projet d’une piste de ski couverte par un dôme utilisable toute l’année, le « Ski-Line».
Ce dôme accueillera une piste de 400 m de long sur 50 m de large, enneigée artificiellement avec télésiège pour remonter les skieurs ainsi qu’un bassin en eau avec vagues artificielles pour les surfeurs, le tout pour la modique somme de 62 millions d’euros.
Voilà donc un nouveau projet démesuré, énergivore, très consommateur en eau et participant une fois de plus à l’artificialisation de la montagne : jusqu’où iront-t-ils ?
Une part de la population s’interroge et s’inquiète de ce projet initié par la municipalité. Rassemblés au sein d’un collectif devenu association, ces citoyens ont tout d’abord lancé une pétition puis ont fait appel aux associations de protection de la nature dont la FRAPNA Savoie avec qui ils ont déposé un recours gracieux pour stopper cette fuite en avant. Un fait nouveau source d’espérance est à souligner : cette avalanche de projets d’équipements dans les stations de ski provoque aujourd’hui autant de rejets locaux car, à l’image de la situation à Tignes, c’est
aussi le cas aux Belleville (Savoie) avec le projet du télésiège du Lou et à Chamrousse (Isère) pour l’extension projetée de la station.
Que ce soit par les remontées de nos sentinelles de l’environnement ou par notre propre veille opérée sur les opérations ce sont environ une centaine de dossiers qui sont instruits chaque année. Cette instruction va du dialogue avec les parties prenantes, des avis émis notamment à l’occasion des enquêtes publiques ou des commissions spécialisées; jusqu’ à ester en justice par dépôt de recours gracieux ou contentieux dans les cas où les projets n’ont pas intégré suffisamment les impacts et les risques sur l’environnement dans les autorisations délivrées.
Fort heureusement ce ne sont qu’environ 4% des dossiers instruits qui font l’objet de tels recours.

Défendre les rivières sauvages

Ségolène Royal a lancé un appel d’offre en 2016, pour le développement de la micro et de la petite hydroélectricité par la construction de nouveaux barrages et centrales hydroélectriques. Notre mouvement déplore que la priorité soit donnée à l’équipement de nouveaux sites au lieu de moderniser et adapter le parc existant des 300 à 400 chutes réellement importantes pour assurer l’équilibre du réseau.
Cette politique maintient avec obstination le travail de sape de nos cours d’eau alors que les perturbations de la morphologie dont ils sont le siège apparaissent comme la deuxième cause d’entrave au bon état visé par la directive européenne. Notre réseau insiste pour que les politiques publiques fassent preuve de cohérence : politique énergétique et politique environnementale ne doivent pas s’opposer. Le réseau eau est souvent sollicité dans le cadre de procédure de concertation ou lors d’enquête publique pour d’examiner des projets d’équipement de cours d’eau. Les dossiers comportent régulièrement des erreurs d’appréciation. C’était le cas par exemple pour le projet de chute sur le ruisseau du Lac à Tignes.

Publié par FNE Auvergne Rhône Alpes

Le Vendredi 12 octobre 2018

https://www.fne-aura.org/essentiel/region/montagne/

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