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La longue marche pour l’agriculture propre

L’agriculture, c’est la vie, des besoins de base de l’alimentation à la contemplation d’une prairie en fleurs. L’agriculture embrasse tous les domaines de la société, l’économie, la recherche, le tourisme, la finance, le développement local et la géopolitique… Cependant, l’agriculture est polluée par les pesticides et les mauvais usages de la chimie. Alors, pour protéger les humains, l’eau, l’air, les insectes, les sols, notre fédération milite contre les pesticides et pour l’agroécologie. 

20 ans de persévérance pour se libérer des pesticides

Notre mobilisation pour l’agriculture propre ne date pas d’hier. Ainsi, en janvier 2002, Isère Nature, le mensuel de la FRAPNA Isère, publiait un dossier de 10 pages sur les pesticides. Réalisé par Chantal Gehin et Julie Carlier (Alliance Paysans Ecologistes Consommateurs), le dossier se terminait par nos demandes aux responsables politiques : adopter le principe de précaution (interdiction immédiate des substances les plus dangereuses), mettre en œuvre une politique de réduction généralisée des pesticides dans le cadre européen, soutenir de façon plus forte l’agriculture biologique.

Avec le recul et les preuves scientifiques d’aujourd’hui sur la rémanence dans l’environnement et la nocivité des pesticides, il s’avère que nous avions vu juste sur la nécessité d’agir. Reconnaissons aussi que les progrès sont lents.

Notre objectif est clair, constant depuis plus de 20 ans : se libérer des pesticides. Mais comment y parvenir ? Au sein de notre mouvement, plusieurs approches, plusieurs sensibilités, cohabitent.

Participer au dialogue technique et républicain

D’abord, proposer le dialogue avec les agriculteurs et promouvoir les bonnes pratiques en vue de favoriser la réduction progressive et volontaire des pesticides. C’est dans ce cadre, par exemple, que nous avons répondu à la consultation sur la « Charte d’engagements départementale des utilisateurs agricoles de produits phytopharmaceutiques ». Notre réponse a été préparée au sein du réseau régional Agriculture & Alimentation. Elle se résume en quelques idées :

  • FNE désapprouve le décret de décembre 2019 qui fixe les distances de non traitement à proximité des zones d’habitation car les distances réglementaires prévues sont ridiculement faibles ;
  • Ajouter un droit de dérogation à une réglementation déjà laxiste est inacceptable ;
  • La réglementation ne devrait pas porter sur des exigences de moyens (distances de non traitement) mais sur des exigences de résultats (zéro pesticides en dehors de la parcelle traitée).
  • Pendant  plus de 10 ans, nous avons participé à la DRAAF à des dizaines de réunions dans le cadre des plans Ecophyto qui sont des échecs patents. Nous avons joué jusqu’au bout la participation, mais que d’énergie perdue !
  • Nous restons cependant ouverts au dialogue avec les parties prenantes de bonne volonté de l’agriculture, l’environnement et de la santé publique.

De nombreuses démarches de dialogue sont engagées, souvent localement. L’inscription dans les AMAP et les circuits courts y contribuent.

Faire respecter et progresser le droit

FNE, notre fédération nationale, publie un article de référence sur le droit de vivre loin des pesticides, un des grands combats menés par le mouvement France Nature Environnement. Ce récit montre combien s’opposer aux lobbies de l’agrochimie exige de pugnacité et continuité. Les succès sont toujours fragiles et longs à obtenir, mais ils permettent des avancées pas à pas.

FNE Isère, via le réseau Sentinelles, contribue à l’opération régionale « Zéro pesticides dans ma jardinerie ». Il s’agit de réaliser une enquête participative sur les conditions de vente des produits phytosanitaires. Renseignements : sentinelles-isere@fne-aura.org

 

Interdire les pesticides : l’appel “Nous voulons des coquelicots”

L’échec des plans Ecophyto et, d’un autre côté, la belle progression de l’agriculture biologique ont conduit à l’option du changement de braquet : il n’est plus temps de tergiverser, il faut revendiquer un cap et tenir un discours tranché qui affirme la faisabilité et l’urgence d’interdire les pesticides. Telle est la position du mouvement « Nous voulons des coquelicots » dans lequel nous sommes nombreux à nous être impliqués. L’appel pour l’interdiction des pesticides de synthèse a recueilli plus d’un million de signatures, un score considérable qui montre une préoccupation dépassant très largement les cercles militants.

Les rassemblements Coquelicots ont permis de nouer des liens entre associations et entre militants autour de la thématique des pesticides. Lancé en septembre 2018, le mouvement doit s’élargir, se réinventer. Des propositions émergent : s’appuyer sur la forte demande en circuits courts et en bio, identifier localement auprès des agriculteurs ce qui fait obstacle à l’abandon des pesticides, commencer par interdire les pesticides dans les zones agricoles des agglomérations… En 2020, on continue ! Contact : francis.odier@laposte.net

La bataille culturelle est en voie d’être gagnée

Les changements politiques, car tel est maintenant l’enjeu pour les pesticides, ne peuvent survenir que si la société y est préparée, si les idées sous-jacentes se sont répandues dans la population et les décideurs. Nous y sommes, ou presque.

Certes, la consommation des pesticides a continué à progresser. Mais, ces dernières années, l’opinion publique a bougé. L’agrochimie est sur la défensive. Les politiques sont contraints d’afficher des orientations de réduction de l’usage des pesticides. Bientôt, n’en doutons pas, ils seront contraints de prendre et d’appliquer vraiment des décisions protectrices de la santé et de l’environnement.

Publié par FNE Isère

Le Mardi 02 juin 2020

https://www.fne-aura.org/actualites/isere/la-longue-marche-pour-lagriculture-propre/

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