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L’évaluation environnementale du projet de Vélodrome-Arena s’impose

FNE Haute-Savoie vient de solliciter le préfet de Haute-Savoie pour lever les nombreux doutes sur le projet de vélodrome baptisé "Haute-Savoie Arena" à la Roche sur Foron. L’opacité du projet est inquiétante sur la plupart des sujets : emplacement, constructions et coûts des parkings, organisation des transports du public, impact environnemental.

FNE se pose également la question de la pertinence de cette gigantesque structure en regard des manquements avérés et qualifiés pour les déplacements à vélo sur l’ensemble du département. Seuls 179 km de véloroutes ont été réalisés en 20 ans depuis 2000, soit environ 9 km d’aménagements par an !

Et les parkings ?

Où vont être placés les parkings nécessaires à un équipement d’une telle ampleur et sur quels types de terrains (déjà artificialisés ou en zones aujourd’hui naturelles) ? Quelle en sera leur surface ? La question de l’artificialisation des sols, à un rythme déjà trop élevé en Haute-Savoie, et particulièrement dans le pays Rochois, nous interpelle et il est nécessaire à ce stade d’obtenir des réponses.

D’après des spécialistes de la mobilité, pour un équipement public d’une capacité de 10 000 places, il faut compter 4 000 places de stationnement, à raison de 2,5 personnes par voiture en moyenne. 4 000 places de parking et leurs allées et dessertes représentent une surface de 100 000 m2.

Le coût des parkings dépendra du système retenu. Pour un parking en silo/étages, il faudra compter au minimum 8 000€ HT/place, soit 32 M€ HT. Pour un parking souterrain, le coût par place bondira à 20 000€ HT, soit un total de 80 M€ HT. Des coûts qui s’entendent hors traitement paysager et esthétique des ouvrages et hors renchérissement du cours des matériaux.

Même avec le parking existant de Rochexpo (qui disparaîtra sous le Vélodrome-Arena), l’évènement « vaches en piste » du premier week-end d’avril 2023 a drainé un nombre considérable de voitures et un nombre marginal de visiteurs en transports publics ou vélo. Manquant de places de stationnement, de nombreux véhicules ont envahi les rues de La Roche et les parkings des entreprises et commerces locaux.

La question du stationnement ne peut donc être ignorée ou dissociée du projet Haute-Savoie Arena.

Quelle organisation pour les transports ?

L’organisation de l’arrivée du public en transports en commun est une autre inconnue à préciser. Avec un cadencement maximal de deux trains par heure et par sens, un nombre limité de personnes pourra arriver par le train et l’offre actuelle s’arrête trop tôt pour permettre de repartir d’un spectacle en soirée. Par ailleurs le temps de parcours à pied entre la gare de la Roche et Rochexpo est loin d’être attractif. La création d’un service de navettes sera sans doute à privilégier. En l’absence de transports urbains réellement développés et efficaces, combien faudra-t-il investir dans une flotte de bus, voire de trains, pour pallier aux pics de fréquentations générés par l’Arena ?

L’évaluation environnementale s’impose

La taille du projet pour le seul « vélodrome et ses équipements annexes », décrite dans un document de présentation intitulé « Phase 1 – Pré-programme » datant de l’été 2022, les surfaces utiles sont chiffrées à 40 880 m2. Or, à partir de 40 000 m2 un projet doit obligatoirement être soumis à une évaluation environnementale, d’après l’article R122.2 du Code de l’Environnement.

À ces 40 000 m2, il faut bien sûr ajouter les équipements liés aux activités supplémentaires de l’Arena et les parkings et aménagements de mobilité. À eux seuls, ces parkings devraient être soumis à une évaluation environnementale au cas par cas, comme toutes les aires de stationnement ouvertes au public de 50 unités et plus.

En scindant le projet de telle sorte, le Département (porteur du projet) ne tente-t-il tout simplement pas de passer au travers des mailles du filet, afin d’éviter le déclenchement d’une évaluation environnementale, qui devrait pourtant être automatique pour un projet global d’une telle ampleur ?

Pour FNE Haute-Savoie il ne fait aucun doute que l’Autorité environnementale devra être interrogée afin d’évaluer les impacts de ce grand projet.

Et le débat public ?

Pour ce grand projet controversé, il serait pertinent d’ouvrir un débat public indépendant, géré par la Commission Nationale du Débat Public (CNDP), qu’il est possible de saisir pour des projets de 150 M€ et plus. Nous savons déjà que le coût total du projet dépassera les 62 M€ annoncés publiquement et les 74 M€ votés par le Conseil départemental en novembre 2022 pour ce projet, puisqu’ils ne comprennent pas les coûts liés au stationnement et à la mobilité. Selon les choix qui seront faits pour les parkings et la mobilité, il est tout à fait probable que l’enveloppe de 150 M€ soit atteinte.

La solution existe pourtant déjà

FNE appuie la demande du collectif Non au vélodrome arena (NAVA) qui propose, plutôt que de construire un vélodrome pour une compétition et qui servira ensuite à très peu d’adeptes, de déplacer les épreuves sur piste au vélodrome national de St- Quentin-en-Yvelines, qui hébergera les épreuves en question lors des JO de Paris 2024. Le budget de ce projet pourrait se mettre au profit de l’aménagement de pistes cyclables et ainsi rattraper le retard considérable du département dans ce domaine.

 

Crédits photo : Département de la Haute-Savoie ; L’Express

Publié par FNE Haute-Savoie

Le Mercredi 17 mai 2023

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