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Nous ne sommes que début juillet et nous vivons déjà notre troisième épisode caniculaire de l’année, qualifié par les scientifiques d’inédit par sa précocité et son intensité. Les températures avoisinent ou dépassent les 40°C dans une grande partie du pays et nous suffoquons. Un scénario que les météorologues n’anticipaient pas avant 2050.
Ce n’est pas un aléa, c’est la conséquence directe de décennies d’émissions massives et incontrôlées de gaz à effet de serre qu’aucun dirigeant n’a eu la volonté d’endiguer. Cette inaction coupable se paye aujourd’hui au prix fort et est une menace pour la vie humaine et celle de la biodiversité, en grande détresse.
5 700 personnes sont mortes des fortes chaleurs durant l’été 2025 en France. Sur les neuf derniers étés, ce sont 40 000 vies qui ont ainsi été perdues. Combien faudra-t-il de canicules supplémentaires pour que l’État agisse enfin ?
Dans son rapport 2025, le Haut Conseil pour le Climat (HCC), organisme indépendant chargé d’évaluer la politique climatique française, montre que la France réduit ses émissions de CO₂ bien trop lentement. Pire, depuis 2024 le rythme de décarbonation ralentit quand il devrait au contraire doubler.
Dans sa nouvelle Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE3), la France a considérablement diminué son objectif de réduction de la consommation d’énergie d’ici 2030, le ramenant à 18 %, alors que l’engagement européen était de 30 % – un recul historique dénoncé par FNE.
En France, 5,4 millions de logements sont classés F ou G au diagnostic de performance énergétique (chiffres SDES, novembre 2025). Ce sont les fameuses « passoires thermiques » : des murs mal isolés, des fenêtres qui laissent passer l’air, des toitures. En hiver, on a froid et en été on étouffe. Si la moyenne nationale s’établit à 14 % de passoires thermiques, la Haute-Savoie affiche, elle, un taux de 21 %, soit près d’un logement sur quatre, en raison de son parc touristique montagnard ancien, particulièrement mal isolé.
Il faudrait rénover 500 000 à 700 000 logements par an pour atteindre la neutralité carbone en 2050. Or, le taux de rénovation globale est de 60 000 à 100 000 logements par an selon l’ADEME, loin des 500 000 nécessaires à minima.
C’est d’autant plus grave que le secteur du bâtiment représente 45 % des consommations énergétiques et plus d’un quart des émissions de gaz à effet de serre françaises. C’est l’un des premiers leviers pour agir. Et c’est précisément là que l’État recule.
L’aide principale pour rénover son logement, MaPrimeRénov’, a été vidée de son efficacité :
Pendant ce temps, le gouvernement se félicite que le nombre de passoires thermiques baisse, mais en réalité 700 000 logements ont simplement changé de catégorie en 2026 grâce à un nouveau mode de calcul, sans qu’un seul mur ait été isolé. Et son nouveau projet de loi pour relancer le logement va plus loin encore : il simplifie les exigences énergétiques et il prévoit de permettre aux propriétaires de louer des passoires sans avoir fait les travaux au préalable. La loi de 2021 disait « tu rénoves, puis tu loues ». Maintenant c’est « tu loues, et on verra plus tard » !
Et pendant que les aides diminuent, l’ADEME elle-même est menacée de démantèlement, après avoir déjà subi une baisse de près de 40 % de ses fonds incitatifs en 2025. Affaiblir l’outil au moment où l’urgence s’intensifie : voilà qui résume la cohérence de la politique française.
La rénovation énergétique des bâtiments est une priorité, pour un meilleur confort, été comme hiver et une réduction de la consommation énergétique.
Loin du climatiseur individuel qui consomme beaucoup d’électricité, rejette de la chaleur à l’extérieur, créant l’effet d’îlot de chaleur urbain et pouvant saturer le réseau électrique, de nombreuses solutions pérennes existent pour combattre les fortes chaleurs.
Rénover nos bâtiments ne suffira pas, car il est essentiel d’agir plus globalement sur les racines du mal, en tout premier lieu les énergies fossiles et leur utilisation trop massive dans les transports, l’industrie, le bâtiment et l’agriculture. Tant que les émissions de gaz à effet de serre ne diminueront pas structurellement, on n’apprendra qu’à survivre à des étés de plus en plus meurtriers.
Publié par FNE Haute-Savoie
Le Mardi 07 juillet 2026
https://www.fne-aura.org/actualites/haute-savoie/canicule-letat-nous-laisse-cuire-a-petit-feu/
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