— Nos avis —
FNE AURA attire l'attention du préfet coordonnateur du Plan National Loup et activités d’élevages sur un grave dysfonctionnement quant à l'étude et au suivi des populations de loups en Haute-Savoie. Retrouvez notre courrier
Lyon, le 4 août 2026.
Monsieur le préfet,
Nous nous permettons d’attirer votre attention sur un grave dysfonctionnement quant à l’étude et au suivi des populations de loups en Haute-Savoie.
Dans le cadre du Plan National Loup (PNA loup et activités d’élevage), une étude d’évaluation de tirs d’effarouchements traumatisants (TEFT) comme moyen de protection des troupeaux a été confiée au Conservatoire d’Espaces Naturels de Haute-Savoie / ASTERS (CEN 74 / ASTERS) et à l’Institut pour la Promotion et la Recherche sur les Animaux de protection (IPRA) : l’étude Tir-ex Loup. Le montant global de l’étude s’élève à 365 000 euros, dont 245 000 financés par l’État.
Cette étude est conduite en Haute-Savoie sur une meute dont le territoire est connu et proche de Chamonix.
En dépit de ces travaux de recherches novateurs et cofinancés par l’État, cette meute a subi, courant juillet 2026, 4 tirs dérogatoires létaux effectués par des chasseurs :
Sur ces 4 loups abattus en trois semaines, 2 étaient équipés de collier émetteur permettant leur suivi et leur localisation dans le cadre de l’étude en cours. Au rythme auquel ces abattages se produisent, la meute aura totalement disparu bien avant la fin du mois d’août 2026 [1].
Il n’y a pas besoin d’être un expert du dossier Loup pour comprendre que, localement, il existe une ferme volonté d’éradiquer cette meute, avec comme seul objectif la fin de l’étude Tir-ex.
Vous comprendrez notre extrême étonnement en apprenant qu’aucune mesure réglementaire de protection des individus de cette meute n’a été prise, alors que les limites du territoire sont connues avec précision et que les déplacements de deux individus, dont le mâle reproducteur, est suivi au jour le jour et précisément cartographié.
Les tireurs sont munis de lunettes thermiques qui permettent de détecter la présence du boîtier GPS (zone « froide » sous le cou de l’animal). Sans compter que dans l’attente des nouveaux textes réglementaires, ces mêmes tireurs sont tenus d’éclairer la cible avant le tir. En clair, les deux loups munis de colliers GPS ont été abattus délibérément.
Parmi toutes les informations qui nous parviennent directement et que nous vérifions et recoupons dans toute la mesure du possible, l’une d’entre elles, vérifiée et recoupée, fait état d’un charnier destiné à attirer les loups de cette meute près des tireurs ; une pratique, comme vous le savez, illégale. Il est possible de vérifier cette information par l’examen des déplacements des deux loups munis des colliers émetteurs et/ou de missionner rapidement des agents de l’OFB pour un contrôle.
Quel que soit l’avenir du projet Tir-ex loup, Il nous semble essentiel que l’État diligente dans les meilleurs délais une enquête destinée à comprendre pourquoi et comment une étude, financée à hauteur de 245 000 euros par l’État, a connu un tel fiasco du fait de tirs létaux, parfaitement prévisibles [2], autorisés par ce même État.
Notre fédération soutient ce projet destiné à mieux comprendre et prévenir les attaques sur les troupeaux et si l’étude Tir-ex loup devait se poursuivre, nous attendons de l’État que ce dernier prenne des mesures réglementaires solides destinées à faire disparaître le risque que les individus de la meute, et en particulier ceux munis d’un collier GPS, soient abattus dans le cadre de tirs dérogatoires létaux.
Vous comprendrez, Monsieur le préfet, notre profonde consternation et notre incompréhension devant l’éradication programmée et autorisée par vos services, d’une meute de loup suivie de très près dans le cadre d’un projet scientifique cofinancé par l’État.
Dans l’attente d’une réponse et en restant à votre entière disposition veuillez croire, monsieur le préfet, en l’expression de notre haute considération.
Michel JARRY
Président de France Nature Environnement
Auvergne-Rhône-Alpes
Copie numérisée pour information à DREAL AURA, DRAAF AURA et associations de protection de la nature, membres du Groupe national loup (GNL).
[1] Selon toute vraisemblance, il ne reste de la meute, que la femelle reproductrice et dans le meilleur des cas, un subadulte. En ce début d’août, l’avenir des louveteaux est déjà très compromis. Si la femelle devait être à son tour abattue, les chances de survie des louveteaux seraient quasi-nuls.
[2] La lecture des messages postés sur les réseaux sociaux par les activistes anti-loup, dont celui-ci ne laissaient guère de place au doute.
Publié par FNE Auvergne Rhône Alpes
Le Jeudi 06 août 2026
https://www.fne-aura.org/nos-avis/region/projet-tir-ex-tirs-derogatoires-letaux-quatre-loups-abattus/
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