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Retour et idées issues des réunions publiques en amont des élections municipales

A l'instar d'il y a six ans lors des dernières élections municipales, FNE43 a organisé deux réunions publiques les 10 et 18 février à Monistrol-sur-Loire et Aiguilhe, cette année avec le collectif "Et nous qu'est-ce qu'on mange ?". Une soixantaine des personnes parmi lesquelles un tiers de candidat·es et des associations étaient présentes pour la première, et une vingtaine de participant·es dont 4 candidat·es inscrits sur les listes du Puy-en-Velay, d'Yssingeaux et de Vals-près-le-Puy pour la seconde. Voici un retour sur les échanges lors de cette dernière.

Etat des lieux des enjeux écologiques en Haute-Loire et en AURA

La première partie de la réunion était un état des lieux des enjeux écologiques en Haute-Loire par Renaud Daumas, vice-président de FNE43. « Les enjeux je vous le dis tout de suite, ça ne fait pas rêver ! Mais ça permet d’avoir un cadre, pour savoir de quoi on parle » prévient-il. Et c’est peu dire. Que ce soit au niveau du changement climatique, de la qualité des eaux du territoire ou de l’état de la biodiversité, les enjeux relèvent aujourd’hui du défi si l’on veut contrecarrer les évolutions sans précédents de la situation environnementale. Tous les constats présentés étaient sourcés, issus de documents partagés par l’Etat, les scientifiques, provenant notamment de l’Observatoire régional climat-air-énergie (ORCAE) et la COP territoriale d’AURA ayant eu lieu dans le cadre de la planification écologique. Aperçu :

Côté climat :

  • La température moyenne a augmenté dans le département de +2,4°C entre 1960 et 2024 (ailleurs en AURA, cela va jusqu’à +3,4°C)
  • Le nombre de jours de gel a diminué de 14 jours durant les trente dernières années par rapport aux trente années entre 1965-1994 (et jusqu’à -22 jours en Savoie et Isère)
  • La date moyenne de la montée en épis des prairies a reculé de 10 jours

©ORCAE - Évolution des températures par département d’Auvergne-Rhône-Alpes entre 1960 et 2024

Côté eau :

  • Sur toutes les communes en arrêtés sécheresse depuis 1989, presque les trois quarts des communes le sont depuis 2004
  • A peine la moitié des masses d’eau de la région AURA sont en bon état, l’objectif étant d’atteindre les trois quarts l’année prochaine

Côté biodiversité :

  • On recense 30 000 espèces différentes en AURA, notamment dû aux milieux montagnards
  • Mais 88% des espaces agricoles sont fortement anthropisés donc ne constituent plus des espaces d’habitat spontané pour espèces animales et végétales
  • Les populations d’espèces d’oiseaux agricoles ont diminué de près de 30%, celles du milieu forestier de 27%, et près d’une espèce animale sur trois est menacée en AURA.
L’artificialisation des espaces naturels, agricoles et forestiers bat des records en AURA, qui est la deuxième région la plus consommatrice en foncier, représentant 12% de la consommation nationale.

Niveau de menace par espèces, par groupes taxonomiques en AURA - Source : Les espèces recensées en Auvergne-Rhône-Alpes et leurs statut, DREAL AURA, 2021

Aller vers la concertation entre communes et associations lors de la construction de projets

A la question aux candidat·es présent·es de savoir si leur programme comportait des mesures phares en faveur de la biodiversité, il n’y a pas eu de réponse. Cela peut illustrer le manque de connaissances à propos de ce que les communes peuvent faire et des outils qu’elles ont à disposition pour mener des actions concrètes sur leur territoire.
Les élu·es devraient se poser la question de l’impact et des effets que leurs décisions et actions auront, et ce en amont des prises de décisions. Beaucoup d’organismes ont les connaissances et compétences pour les aider, que ce soit FNE ou d’autres associations. Par la concertation, les projets peuvent simplement être modifiés pour être menés en minimisant autant que possible les impacts et nuisances environnementales, et en servant tout autant les intérêts économiques et touristiques. Les modifications proposées apportent parfois même davantage de bénéfices à ces intérêts par rapport aux projets initiaux.

L’exemple du projet d’illumination des falaises de la forteresse de Polignac

La mise en place de ce projet a été prise comme exemple durant la réunion. Le projet, pour l’instant en pause, aurait pu être discuté lors de sa construction avec des associations de protection de l’environnement, de la faune, de façon à ce que ces enjeux soient pris en compte. Il aurait pu ainsi être légèrement modifié pour laisser dans l’ombre certaines zones de la falaise utilisées par les chauves-souris. Le projet aurait alors également pu prévoir quelques caméras filmant leurs allées et venues, mettant ainsi en exergue la sensibilité et l’engagement de Polignac et renforcer l’attraction touristique et pédagogique.

Il a été rappelé que FNE est une association non partisane, et qu’elle ne demande pas l’annulation des projets mais propose beaucoup d’alternatives pour les rendre viables également sur l’aspect écologie. FNE peut aussi recommander des solutions d’aides pour les communes. Les élu·es n’ont pas à tout savoir, ils et elles peuvent (et doivent !) s’appuyer sur des structures ressources. Elles peuvent sans hésiter solliciter FNE.
Un participant a par ailleurs mentionné que le dernier rapport scientifique de l’IPBES* sur les entreprises et la biodiversité, sorti début février 2026, indique très clairement que les entreprises, et donc l’économie actuelle, sont à la fois dépendantes de la biodiversité et responsables de son déclin.
* Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques

Pour une garantie des engagements des mairies

A la suite de l’intervention du collectif Et nous, qu’est-ce qu’on mange ? sur l’alimentation, la question du Projet Alimentaire Territorial (PAT) de la communauté d’agglomération du Puy-en-Velay a été discutée entre les participant·s. Le regret qu’il n’ait rien donné de concret s’est fait sentir, et ce malgré le financement d’un poste à temps complet au sein de la communauté d’agglomération et le constat fait par le diagnostic initial : 55 % des personnes ayant répondu au questionnaire envoyé estiment que les produits locaux de qualité ne sont pas disponibles en quantité suffisante dans les commerces qu’ils fréquentent. Pourquoi, depuis son lancement il y a 4 ans, si peu de propositions faites par les participant·es et associations lors du lancement du PAT ont été mises en œuvre ? Sur les 17 actions programmées, une seule a été réalisée et seules cinq sont en cours de réalisation.

Des suivis médiatiques et citoyens ?

Pour que de telles situations soient à l’avenir évitées, l’idée a été émise d’engager les mairies par l’exposition médiatique de leurs engagements et objectifs, ainsi que par un « contrôle » par les citoyen·nes ayant co-construit le projet : des rendez-vous avec les élu·es peuvent être organisés pour suivre ces engagements, ou comprendre les difficultés rencontrées et trouver des solutions. Les communes peuvent ne pas être au niveau des enjeux et des annonces qu’elles ont faites, parfois pour des questions de manque de temps, de moyens, ou de connaissances ; les citoyen·nes peuvent être les garant·es du suivi des engagements des communes.

Le manque de visibilité du travail et du soutien possible des associations

Enfin, le manque de visibilité du travail des associations a été souligné par les participant·es, en comparaison de la communication parfois très importante des élu·es ou d’autres acteurs mettant beaucoup d’argent dans la valorisation publique de leurs actions. Le travail des bénévoles du monde associatif, effectif et pertinent, devrait être bien plus connu et reconnu, entre autre pour servir plus largement qu’il ne le fait aujourd’hui ! Cela pourrait par exemple passer, comme mentionné à la fin de la réunion publique d’Aiguilhe, par une mise en commun de l’expertise de plusieurs acteurs de la société civile qui serait proposée aux communes. Cela nécessiterait au préalable un nombre minimum de communes qui soutiendrait ce pôle d’expertise.
Vous trouverez dans le lien ci-dessous les propositions du collectif Et nous qu’est-ce qu’on mange ?

Publié par FNE Haute-Loire

Le Mardi 10 mars 2026

https://www.fne-aura.org/actualites/haute-loire/retour-et-idees-issues-des-reunions-publiques-en-amont-des-elections-municipales/

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