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L’HISTOIRE D’UNE APRES-MINE – ORANO LES BOIS NOIRS

Ancienne mine d'uranium sur la commune de Saint-Priest-la-Prugne

Mercredi 13 décembre 2023 Air Biodiversité Eau

Il n’y a pas d’après-mine heureux

Située sur la commune de Saint-Priest-la-Prugne (Loire) , cette ancienne mine d’uranium impacte aussi le département de l’Allier, notamment avec le transfert de radionucléides dans la rivière la Besbre.

La Besbre prend sa source dans le massif des Bois Noirs. Peu après, elle est canalisée dans sa traversée du site minier. Elle coule ensuite dans le département de l’Allier au-delà de Dompierre-sur-Besbre où elle se jette dans la Loire.

La Besbre passe à Saint-Clément et alimente, avec ses affluents, la retenue EDF. Cet été, Vichy-Communauté a autorisé la baignade sur une zone de ce plan d’eau. La question se pose pour la prévention des baigneurs relativement aux risques aléatoires des rejets d’éléments radiotoxiques : uranium, radium, plomb 210,….

Exploitation de minerai d’uranium du site des Bois-Noirs.

Elle a fonctionné pendant 25 ans : 1955-1980.

Mine à Ciel Ouvert – Travaux Miniers Souterrains (puits et galeries jusqu’à 440 m de profondeur) – traitements chimiques dans l’usine SIMO

Ce qui reste après l’exploitation du minerai d’uranium

  • Les « stériles » radioactifs. Une immense verse à « stériles » ‘remblais radioactifs) se trouve sur le site des Bois Noirs. D’autres ont été utilisés dans le domaine public. Une lutte de plusieurs années pour obtenir de nombreux assainissements côté Allier et côté Loire. Restent encore deux lieux importants non traités : le chemin de la Pierre des Fées et une ancienne scierie ainsi que quelques zones ponctuelles.
  •  Les « pulpes » dans les anciennes galeries. Problème hydrogéologique et questions de la contamination des eaux souterraines.
  • Déchets radioactifs Faible Activité à Vie Longue. Stockage de résidus radioactifs issus des traitements chimiques. Ils sont dans l’ancienne vallée de la Besbre derrière une digue de 42 m de haut et 508 m de long. Ils ne sont pas confinés.
  • Digue classée « grand-barrage ». Construite pour les besoins du stockage. Seul site, en France, sous une nappe d’eau.
  • STE : Station de Traitement des Eaux et des Effluents. Les eaux minières radioactives et les autres eaux à gérer sur le site sont soumises à des traitements chimiques pour réduire les taux de rejets radioactifs dans leur milieu naturel : ces rejets sont évacués dans la Besbre. Les normes sont établies pour des moyennes annuelles, mais de nombreux pics de rejets radioactifs se produisent.

Pas de réaménagement du site des Bois Noirs à la fin de l’exploitation minière

Lors de la fermeture du site, choix du recouvrement liquide, le plus simple et le moins coûteux.

Depuis plusieurs années l’Autorité de Sûreté Nucléaire et le Ministère de la Transition Écologique demandent à AREVA-ORANO de remplacer la lame d’eau qui recouvre les résidus radioactifs par une couverture solide. De plus, il faudrait créer une nouvelle dérivation de la Besbre. Ces chantiers sont d’une part pharaonique, d’autre part expérimentaux.

Double sujet d’inquiétude pour les riverains.

EVOLUTION DES STATUTS

Gestion administrative réduite lors de la fermeture du site. Pas de statut contraignant jusqu’en 2017 : création de l’ICPE (Installation Classée pour la Protection de l’Environnement).

Grâce à cette création de l’ICPE, l’administration prend de plus en plus d’arrêtés préfectoraux pour la gestion du site et notamment des arrêtés de mise en demeure lors des dysfonctionnements.

ORANO est soumis à de nouvelles contraintes : rénovation STE existante et création d’une nouvelle station de traitement spécifique pour les eaux du Grand Bassin. Cette station « innovante » n’utilise pas de produits chimiques. Ce sont des filtres sableux.  Pour 3 années de fonctionnement. Les aléas rencontrés ont amené ORANO à changer plusieurs fois de technologie face aux compactages ou aux insuffisances de capacité.

Questions essentielles :

Contaminations des eaux.

Intermittence non maîtrisée des rejets radioactifs dans la Besbre.

Dilution de la radioactivité en aval. Cette radioactivité ne disparaît pas.

Un arrêté préfectoral demande à l’exploitant, ORANO, de signaler tout incident ou accident « dans les meilleurs délais » avec un rapport préliminaire sous 15 jours.

De quoi laisser la radioactivité en aval du site ou autour !

Expertise hydrogéologique.

En attente depuis de longues années, une étude hydrogéologique s’impose : manifestement, après avoir fait attendre longtemps et après une nouvelle mise en demeure, ORANO annonce une étude qui sera une compilation de données déjà connues. C’est bien insuffisant.

Les déchets miniers sont situés en plein milieu naturel (dans les anciennes galeries et dans le fond de vallée de la Besbre, en limite des Bois Noirs). Ils n’auraient jamais dû être mis dans ces lieux. L’irréparable a été commis. Maintenant, reste à trouver la moins mauvaise solution.

Le Collectif Bois Noirs reste vigilant et s’appuie sur les scientifiques de la CRIIRAD (Commission de Recherche et d’Information Indépendante sur la Radioactivité) .

Le Collectif Bois Noirs siège à la Commission de Suivi de Site qui se réunit, au moins une fois par an.

Y siègent aussi FNE 03 et FNE 42 ainsi que les fédérations départementales des deux départements, Allier et Loire.

Publié par FNE Allier

Le Mercredi 13 décembre 2023

https://www.fne-aura.org/actualites/allier/lhistoire-dune-apres-mine-orano-les-bois-noirs/

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