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— Actualités —

Une nouvelle tique en Ardèche !

La tique (Hyalomma marginatum) et le virus CCHF (Fièvre Hémorragique de Crimée Congo)

Contexte

Depuis quelques années, l’apparition de la tique Hyalomma marginatum sur le territoire français est source de préoccupations de santé publique, devant son rôle de vecteur du virus de la fièvre hémorragique de Crimée Congo, un virus causant une maladie hémorragique avec une létalité entre 5 et 20 % (10-40 %) (https://www.who.int/docs/default-source/blue-print/2018-annual-review-of-diseases-prioritized-under-the-research-and-development-blueprint.pdf?sfvrsn=4c22e36_2).

La spécialisation de cette tique pour les environnements avec une végétation de type méditerranéenne, a permis sa dissémination vers le nord notamment jusque dans les plaines d’Ardèche. L’augmentation des températures moyennes et l’allongement des périodes estivales et chaudes permettent l’extension de la période où le cycle biologique des tiques est réalisable (permettant aux nymphes de devenir adultes). De plus, le changement climatique va induire l’extension des paysages avec végétation de type méditerranéenne, paysages propices au développement de la tique du genre Hyalomma.

Jusqu’à présent, aucun cas humain de fièvre hémorragique de Crimée Congo (CCHF) n’a été déclaré sur le territoire français, mais depuis 2016 des cas humains ont été déclarés en Espagne (https://www.plateforme-esa.fr/fr/declaration-de-cas-humains-de-fievre-hemorragique-de-crimee-congo-en-espagne-2021) et quelques cas au Portugal, suite à des contacts directs avec des tiques. Il semblerait que ce soit Hyalomma lusitanicum qui soit impliquée en Espagne. Jusqu’en octobre 2023, le virus n’avait jamais été isolé en France. Cependant la détection d’une séroprévalence chez les bovins en Corse évoquait la potentielle circulation du virus de façon non repérée (Grech-Angelini et al.).

En octobre 2023, la détection récente du virus de la fièvre hémorragique de Crimée Congo chez des bovins sur le territoire français dans les Hautes Pyrénées, est venue confirmer cette nouvelle menace infectieuse émergente sur le territoire (https://www.santepubliquefrance.fr/les-actualites/2023/fievre-hemorragique-de-crimee-congo-premiere-detection-du-virus-sur-des-tiques-collectees-dans-des-elevages-bovins-dans-le-sud-de-la-france). Cette actualité encourage à renforcer les recherches sur ce vecteur et cette maladie avec une approche One Health dans le cadre d’une prévention du risque infectieux depuis un territoire concerné.

Le choix de l’Ardèche est particulièrement pertinent du fait de la situation géographique du département de l’Ardèche à la frontière nord de la progression du vecteur/tique, avec des zones de plaines avec présence avérée du vecteur et des zones de semi montagne sans présence du vecteur identifiée pour l’instant, une zone géographique également soumise à l’évolution de son climat, caractérisée par la coprésence de plusieurs hôtes d’une part du stade des nymphes avec des lièvres, des merles, et autres oiseaux au sol, et d’autre part du stade adulte avec des bovins et des chevaux permettant d’étudier de façon unique les préférences trophiques de la tique et de déterminer quelles espèces participent préférentiellement à la multiplication et la dissémination du vecteur ± du virus. Les lièvres et les bovins permettant la multiplication du virus alors que les chevaux et oiseaux ne le permettant pas.

 – Camille Besombes

La formation proposée par la FRAPNA, le GIET, Frédéric Stachurski et Camille Besombes ce 1er mars 2023 s’inscrit dans une tentative d’aborder la santé de manière plus systémique en considérant les dynamiques naturelles dans lesquelles évoluent les zoonoses.

La formation a eu lieu dans les locaux de la FRAPNA à Largentière avec une jauge pleine. Les participant.es ont pu observer sous loupe binoculaire les différentes tiques les plus fréquentes ainsi que la fameuse Hyalomma marginatum, la tique aux pattes rayées. Après une intervention de Frédéric Jacquemart (président du GIET) et une de Camille Besombes sur l’importance et la pertinence de repenser notre gestion sanitaire et d’y inclure du « One Health », la matinée a été consacrée aux généralités sur les tiques, les différentes familles, leurs cycles de reproduction et leur rôle de vecteur de maladie.

Si vous êtes piqué.e par une tique, retirez-là à l’aide d’un tire-tique évidemment, mais vous pouvez aussi contribuer à la recherche sur les tiques en envoyant votre tique par la poste au programme Citique. Nous disposons de tubes d’alcool pour ces envois au local de la FRAPNA n’hésitez pas à venir en chercher.

 

Publié par FRAPNA Ardèche

Le Mercredi 13 mars 2024

https://www.fne-aura.org/actualites/ardeche/une-nouvelle-tique-en-ardeche/

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