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Le tétras-lyre, un symbole des Alpes

Le tétras-lyre, ou Lyrurus tetrix, fait partie de la famille des galliformes. Espèce vulnérable en France et présente en Isère, le tétras-lyre est particulièrement impacté par la chasse, le morcellement de son habitat et par le dérangement des sports de montagne en hiver.

Jeudi 27 janvier 2022 Biodiversité Montagne

Le mâle a une taille moyenne de 60 cm. Il possède un plumage noir à reflets bleus. Ses ailes sont brun-noir avec une petite barre blanche. Le dessous des ailes et de la queue est blanc. C’est le bout de celle-ci, en forme de lyre, qui lui donne son nom. Au-dessus de l’œil, une caroncule rouge, de taille variable, très développée au printemps, surmonte un bec court.

Les pattes sont courtes et emplumées. La femelle, d’une taille moyenne de 50 cm, porte une livrée brune et roussâtre barrée de noir. Sa queue est à peine fourchue. Les tétras-lyres sont majoritairement végétariens : ils mangent des graines, des fleurs, des bourgeons… Mais ils aiment aussi les insectes, les invertébrés…

Le tétras-lyre est renommé pour sa parade nuptiale. Ainsi au printemps, il effectue des danses et des sauts sur des espaces appelés “places de chant”. Il se livre à des combats plus ou moins fictifs dans le but d’assurer sa prédominance. La femelle s’occupe seule de la couvaison des 5 à 11 œufs pondus au mois de juin et qui dure entre 24 et 27 jours. L’élevage des jeunes est également le domaine réservé de la femelle.

Tétras Lyre - CC BY-ND 2.0 Mick Sway

Une espèce présente en Isère

On trouve des tétras-lyres uniquement en Eurasie, plus précisément en Grande-Bretagne, dans le nord et l’est de l’Europe, dans les Alpes et les Carpates. Enfin, il peuple la Sibérie jusqu’à l’océan Pacifique. Dans notre département, on peut le voir dans le massif de la Chartreuse, du Vercors, de Belledonne et en Oisans.

Le tétras-lyre a besoin de milieux ouverts (en lisière de la forêt, dans les clairières) jusqu’à 2300m d’altitude, où il trouve des rhododendrons, des myrtilles et des bruyères pour se nourrir.

Un animal vulnérable en France

Il est classé comme une espèce à “LC – préoccupation mineure” au niveau mondial par l’UICN (en 2016), et au niveau européen. Au niveau français, il est classé parmi les « espèces vulnérables » en Rhône-Alpes et en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Il n’est pas menacé de disparition à court terme, mais son statut se dégrade à cause des atteintes portées à son habitat par les activités humaines.

Pour la décennie 2000-2009, l’effectif moyen est estimé à 8 200 coqs chanteurs soit environ 10% de moins que pour la décennie 1990-1999. Cette baisse “globale” est à considérer avec précaution car elle masque des différences selon les régions géographiques. Dans les Alpes du nord, qui abritent le gros des effectifs, une régression apparaît, notamment sur les massifs internes (- 13%).

Tétras Lyre - CC BY-ND 2.0 Mick Sway

La baisse des populations est surtout liée à la progression des ligneux consécutive à la déprise pastorale et au développement notamment dans les Alpes du Nord, des domaines skiables, du hors piste et de la randonnée. La chasse, quoique réglementée, contribue aussi à cette baisse. FNE Isère demande d’ailleurs l’arrêt complet de la chasse au tétras-lyre. Enfin, laisser les chiens en liberté est aussi un problème, car ils dérangent les oiseaux lors de leur période de grande vulnérabilité en hiver.

Les zones de tranquillité

Des zones d’hivernage ou de tranquillité sont délimitées dans les massifs car le tétras-lyre en hiver demeure dans une sorte d’igloo. Il limite au maximum ses déplacements pour économiser son énergie. Près de Grenoble, des zones ont été créées au Charmant Som et à Chamechaude (massif de la Chartreuse). On en trouve également dans le Vercors et Belledonne.

Panneau indiquant une zone protégée dans le PNR du Vercors

La mise en œuvre des actions du plan de sauvegarde a pu produire certains résultats sur le tétras-lyre : on constate ainsi une stabilité des effectifs dans les Alpes internes du nord comme du Sud depuis 2000. Ce bilan est toutefois modéré par le déclin observé dans les Préalpes du nord, mais surtout dans les Préalpes du sud.

Lorsque vous pratiquez la randonnée et le ski, informez-vous et soyez vigilants au respect de la tranquillité du tétras-lyre et des autres espèces.

Publié par FNE Isère

Le Jeudi 27 janvier 2022

https://www.fne-aura.org/actualites/isere/le-tetras-lyre-un-symbole-des-alpes/

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