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L’espèce du mois : le Corbeau freux et la Corneille noire

Tout le monde connaît le corbeau. Sa parure noire et son « Croa ! Croa !», à vrai dire pas vraiment mélodieux, ne le rendent pas toujours attractif au premier abord. Dommage car c’est un animal passionnant qui gagne à être connu.

Jeudi 08 décembre 2022 Biodiversité

Maître corbeau ou maîtresse corneille ?

L’appellation corbeau regroupe près d’une cinquantaine d’espèces du genre Corvus. Les plus représentées dans notre région sont la corneille et le corbeau freux. Ils se ressemblent : leur envergure est comprise entre 80 et 95 cm pour un poids d’adulte d’un demi-kilo, et bien sûr leur plumage est entièrement noir. Ils peuvent cependant être distingués grâce à l’observation de leur bec : tandis qu’il est gris clair à sa base chez le corbeau freux, il est intégralement noir pour la corneille. 

A gauche : Corbeau freux<br /> A droite : Corneille noire

Leur mode de vie est également proche. Tous deux se rencontrent aussi bien à la campagne qu’en ville où ils affectionnent les parcs. Ils sont omnivores en se nourrissant de baies, de graines, de lombrics et d’insectes mais aussi de petits rongeurs, des oisillons d’autres espèces, et des cadavres d’autres animaux. La corneille est toutefois plus portée sur la nourriture carnée tandis que le corbeau freux favorise les graines et les baies. Celui-ci est particulièrement friand de noix : notre département lui convient donc parfaitement ! Les deux espèces nichent au début du printemps et leurs petits, capables de voler 45 jours après l’éclosion, s’émancipent au début de l’automne. Ils vivront jusqu’à une vingtaine d’années. La sociabilité des deux espèces diffère. Les corneilles vivent en couple, celui-ci défendant âprement son territoire contre ses semblables, en particulier lors de la période de reproduction.  En attente de trouver leurs partenaires, les jeunes corneilles forment des bandes d’une trentaine d’individus au plus. Les corbeaux freux sont eux grégaires : ils se regroupent en colonies en période de reproduction et en dortoirs en période d’hivernage. Les corneilles sont plus présentes en ville : à Grenoble, vous pouvez souvent en observer dans les parcs. 

Groupe de Corbeaux freux

Des surdoués

Comme tous les oiseaux de la famille des corvidés, qui englobe les Corvus mais aussi des cousins comme les pies et les geais, corneille et corbeau feux démontrent une intelligence supérieure : ils sont ainsi capables de se reconnaître dans un miroir. Ils identifient les êtres humains en fonction de leur comportement vis-à-vis d’eux : hostile ou amical. Des scientifiques estiment que  leur ramage, dont La Fontaine s’est trop moqué, est un véritable langage par lequel ils échangent des informations et même peut être des opinions : le jacassage assourdissant dans les dortoirs pourrait correspondre à une discussion sur le fait de savoir s’il est temps de s’envoler ! De fait, quand le débat passionné se termine, souvent tous  s’élancent d’un coup dans un grand nuage de volatiles. Bien mieux, les corbeaux seraient capables de s’amuser : on peut les voir faire des acrobaties en l’air, ou même glisser sur la glace sur les toits, sans aucune utilité autre que se divertir.

Le corbeau et nous

Dans l’Europe chrétienne, à cause de sa nécrophagie et sa couleur noire, le corbeau n’a pas eu bonne réputation. Il était au contraire vu comme un animal tutélaire dans d’autres cultures comme chez les vikings ou les peuples amérindiens. On lui reproche des nuisances : à la campagne ses dévastations des semis (surtout pour le corbeau freux), et en ville son vacarme et ses déjections, particulièrement  lorsqu’il est en dortoir. 

Les Corneilles noires, aujourd'hui plus présentes en ville

Comment améliorer alors la cohabitation avec les activités humaines ? Concernant sa nuisibilité rurale, un semis un peu plus profond pourrait protéger la graine cultivée. En ville, où ces animaux sont  attirés par nos déchets, il y a moyen de les éloigner en les attirant – autrement que par des déchets ! – dans des zones un peu plus éloignées de nos habitations. Si les corneilles ou les corbeaux freux restent nombreux, leur nuisance peut par ailleurs être gérée par des méthodes dissuasives. Alors pourquoi les tuer, comme il est permis en France, contrairement à d’autres pays européens ?

Publié par FNE Isère

Le Jeudi 08 décembre 2022

https://www.fne-aura.org/actualites/isere/lespece-du-mois-le-corbeau-freux-et-la-corneille-noire/

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