L’espèce du mois : les sphaignes
Surnommées la « mousse des tourbières », les sphaignes sont peu connues et pourtant uniques en leur genre. En Europe, on estime qu’il existe une soixantaine d’espèces de sphaignes, et plus de la moitié se trouve en France ! A l’occasion de la Journée Mondiale des Zones Humides 2026 consacrée à la valorisation des savoir-faire traditionnels, découvrez les multiples services que nous rendent cette plante hydrophile.
Une plante qui ne cesse jamais de croître !
Sphaigne par Denis Barthel (sous licence CC BY-SA 3.0)
On retrouve Sphagnum, de son nom scientifique, principalement dans les zones humides froides à forte pluviométrie.
Les sphaignes ont la particularité d’avoir une croissance infinie. Elles se gorgent d’eau et grandissent vers le haut. Elles poussent d’environ 3 cm par an. Certaines espèces peuvent stocker jusqu’à 30 fois leur poids en eau !
Leur base, quant à elle, meurt progressivement. Cette matière organique s’accumule au fond de l’eau. Elle ne se décompose que partiellement au cours du temps en raison du manque d’oxygène et des températures froides. Dans ces conditions, les bactéries ne peuvent pas s’y développer. Ce processus, nommé turfigenèse, est à l’origine de la tourbe. On estime qu’il faut environ 1 siècle pour obtenir 5 cm de tourbe.
En plus de retenir l’eau, les sphaignes acidifient leur milieu, façonnant un environnement où peu d’autres plantes peuvent survivre. Elles donnent ainsi naissance aux tourbières acides.
Radeau de sphaignes par Vosagus (sous licence CC BY-SA 3.0)
Elles créent parfois de véritables « radeaux de mousse », abritant ainsi de nombreuses espèces animales qui s’y cachent et pondent leurs œufs.
Les sphaignes nous rendent de précieux services.
La présence des sphaignes témoigne de la bonne santé des milieux humides. Au-delà de leur importance écologique, elles jouent un rôle essentiel dans la fourniture de services écosystémiques. En se gorgeant d’eau, elles purifient l’eau. Leur base, en s’accumulant au fond, stocke du carbone dans le sol.
Historiquement, on se servait de la « mousse de sphaignes » comme pansement, notamment pendant la seconde guerre mondiale, et comme base de savon pour traiter certaines affections cutanées.
Les sphaignes possèdent un intérêt patrimonial d’exception ! La tourbe a longtemps été utilisée comme matériau combustible pour se chauffer ou isoler les habitations. Cette matière est aujourd’hui utilisée dans la production de terreau, entrainant la disparition de nombreuses tourbières.
La disparition de ses habitats menace aujourd’hui cette espèce. Contribuer à la valorisation des zones humides et des pratiques traditionnelles associées, c’est participer à sa préservation !
Où les trouver en Isère ?
On retrouve les sphaignes dans plusieurs tourbières du département !
Les tourbières à sphaignes du département ©FNE Isère
Tout au long de l’année, FNE Isère accompagne de nombreux publics à la découverte des zones humides, comme la tourbière de l’Arselle à travers le programme « À la découverte des ENS ». Les élèves découvrent ainsi la biodiversité de ces milieux et les liens entre humains et nature. Ce programme favorise une prise de conscience de la fragilité de ces espaces et de la nécessité de les protéger. Ces espaces naturels peuvent accueillir divers publics et FNE Isère propose dans son guide des sorties nature accessibles à tous.
Publié par FNE Isère
Le Jeudi 29 janvier 2026
https://www.fne-aura.org/actualites/isere/lespece-du-mois-les-sphaignes/
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