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Réunion publique sur l’étude de zone du sud grenoblois

L’étude de zone du sud grenoblois arrive à une phase décisive : l’ensemble des données environnementales existantes sur l’air, les sols, les végétaux, les eaux de surface et les nappes ont été collectées. Ce travail sera présenté en réunion publique le 17 juin à 18h30 à Pont de Claix.

Mardi 04 juin 2019 Pollution Villes et territoires

Une étude de zone dans le sud grenoblois : les limites et les espoirs

En France, une dizaine de points noirs environnementaux font l’objet d’études de zone. Aux portes de Grenoble, cette étude a démarré en janvier 2013. Centrée autour des deux plateformes chimiques de Jarrie et de Pont de Claix, elle regroupe 18 communes de Grenoble-Alpes Métropole et une population de plus de 100 000 habitants. Son but est de vérifier quelles activités peuvent s’exercer sur tout ou partie de ce territoire sans engendrer de risques sanitaires “inacceptables”. Dans le cas contraire, des restrictions, remédiations ou surveillances devront être mises en œuvre.

Cet objectif ambitieux, long et onéreux a été possible grâce au financement public (Etat, Région Auvergne-Rhône-Alpes, Grenoble-Alpes Métropole, Agence de l’Eau Rhône-Méditerranée-Corse, communauté de communes du sud grenoblois) et pour une part très minime par les industriels.

L’étude est principalement destinée aux décideurs et aménageurs institutionnels ou privés, mais ne répond pas directement aux souhaits légitimes des habitants qui sont de connaître les effets potentiels sur leur santé des dégradations environnementales. Toutes ces dégradations ne sont pas d’origine industrielle, s’y rajoute les transports, l’habitat, l’agriculture toujours très opaque : aucune information sur les produits localement utilisés par les agriculteurs n’a pu être obtenue, les données prises en compte dans l’étude sont basées sur des moyennes nationales. Mais la particularité du sud grenoblois, liée à son histoire industrielle, c’est la multiplicité des polluants émis.

La multiplicité des polluants présents, individuellement à des doses généralement, mais pas toujours, inférieures aux normes actuelles est susceptible d’engendrer des effets cocktails. Antimoine, BTEX (benzène, toluène, éthylbenzène, xylènes), chlorobenzène, cumène, dioxines, dichloroéthane, éthylène, formaldéhyde, mercure, naphtalène, NOx, PCB, PM2.5, PM 10, polychlorobiphényle, propylbenzène, styrène (phényléthylène), tétrachlorométhane, tetrachloroéthylène, triméthylbenzène, vanadium… et cette liste est loin d’être exhaustive ! Un travail d’analyse sur cette problématique concrétiserait nos attentes.

L’étude de zone arrive à une phase décisive, l’ensemble des données environnementales existantes sur l’air, les sols, les végétaux, les eaux de surface et les nappes ont été collectées. Lorsque cela fût nécessaire, des mesures complémentaires ont été réalisées. Nous disposons à ce jour d’un ensemble complet et homogène sur l’état environnemental des milieux où nous vivons. Ce travail sera présenté en réunion publique le 17 juin 18h30 à Pont de Claix. Il nous appartient d’y poser les questions qui nous préoccupent et d’y émettre nos souhaits.

Une réunion publique pour informer les habitants de l’interprétation des données

L’interprétation de l’état des milieux est la dernière étape d’une étude de zone. Cette interprétation, extrêmement importante, fixe les limites légales actuelles de ce qu’il est permis de faire sur ce territoire. Pour être pérenne, elle doit être actualisée : les années 2009, 2010 et 2011 ont servi de référence à cette étude, les changements sur les transports et l’habitat doivent être estimés. Pour l’industrie, certaines unités de fabrication ont fermé et d’autres ont été ouvertes.

D’autre part, l’étude doit être complétée : certains rejets n’ont pas été pris en compte (chlorate et perchlorates…) ou trop légèrement modélisés (seules quelques valeurs des données mercure dans les sols disponibles ont été prises en compte). Des recherches de polluants ont été conduites sur des choux, des truites, pas sur les habitants ! L’association ADICE, membre de la FRAPNA, est prête à solliciter des volontaires pour des prises de sang ou des collectes de cheveux.

Enfin, cette étude de zone doit être valorisée. Cette valorisation passe par une large diffusion, par une intégration systématique dans les schémas d’aménagements, mais aussi en initiant dès à présent un programme de recherche sur les effets cocktails.

Il serait logique que ce travail complémentaire soit pris en charge par les industriels, jusqu’à présent financièrement très frileux et pourtant responsables d’environ 30 % de la pollution qui affecte notre territoire.

Une présence citoyenne nombreuse sera le reflet de l’attachement pour notre territoire et de l’intérêt que nous portons à la qualité de notre environnement.

Publié par FRAPNA Isère

Le Mardi 04 juin 2019

https://www.fne-aura.org/actualites/isere/reunion-publique-sur-letude-de-zone-du-sud-grenoblois/

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