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Des micro-centrales à rythme maxi

A la faveur d’un appel à projets initié à l’époque par Ségolène Royal, mais toujours en vigueur pour assurer aux pétitionnaires une rentabilité dans le temps, les demandes d’autorisation de micro centrales se multiplient avec une relative bienveillance de l’administration.

Mercredi 14 novembre 2018 Eau

Un recours émanant des pêcheurs et des protecteurs de la nature est en instance en ce qui concerne un aménagement sur deux ruisseaux à Bonneval Tarentaise. Un secteur d’accès dont l’accès périlleux a hélas déjà causé la mort d’un ouvrier ! D’autres recours sont attendus si des micro centrales venaient à être autorisées à Peisey Nancroix sur le Nant Bénin, malgré son label «Rivière sauvage», puis à St Alban des Villards où le torrent du Merlet est également menacé au grand dam d’une majorité d’habitants.

En attendant, et ce depuis un an seulement, de nombreux projets ont mobilisé la FRAPNA à Queige et Villard sur Doron, à St Michel de Maurienne et plus récemment à Notre Dame des Millères dans le massif du Grand Arc. Impact sur des espèces protégées, risques naturels et rentabilité aléatoire en hiver ne rebutent pas les promoteurs qui se retranchent volontiers derrière le fameux appel à projets ! De leurs côtés, associations de pêche et FRAPNA sont vent debout contre l’anthropisation des derniers cours d’eau naturels d’un département Savoyard surproducteur, et qui a déjà payé un lourd tribut aux aménagements hydroélectriques. Le reproche est unanime s’agissant à chaque fois de débits « réservés » laissés aux ruisseaux, trop faibles pour éviter la prise en glace à des altitudes souvent comprises entre 1200 et 1600m.

Malheureusement, d’autres projets sont aussi dans les tuyaux dont un que l’on aurait plus imaginé : il affecterait la partie amont du Nant de Tessens à Aime. Juste celle qu’un précédent projet aujourd’hui autorisé sur la partie aval se vantait de préserver !

Dans les années 80 la ministre de l’Environnement Huguette Bouchardeau avait bien arrêté pour la Savoie une liste de « rivières réservées» sur lesquelles tout aménagement électrique serait interdit. Le décret est depuis abrogé et les temps ont changé. Et les discussions ne portent malheureusement plus aujourd’hui que sur des débits « réservés » que nous jugeons systématiquement insuffisants au regard des minimums biologiques nécessaires.

Jean-Claude MADELON

Publié par FRAPNA Savoie

Le Mercredi 14 novembre 2018

https://www.fne-aura.org/actualites/savoie/des-micro-centrales-a-rythme-maxi/

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