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Nous voulons des coquelicots

Rassemblons-nous vendredi 06 juin sur les places des villes et villages.

Cliquez sur votre moteur de recherche préféré « nous voulons des coquelicots » et vous tomberez sur la pétition en ligne. Faites, si ce n’est déjà fait, comme les 694 010 personnes qui l’ont signée. C’est beaucoup, mais c’est peu à la fois. Il faut que des millions de citoyens se lèvent et s’élèvent contre les pesticides afin qu’ils disparaissent de notre environnement. France Nature Environnement (FNE) et la FRAPNA, comme de nombreuses associations, sont impliquées dans l’appel. Chaque premier vendredi du mois à 18h30, avec cocardes ou pin ‘s de coquelicots, des rassemblements ont lieu devant les mairies. L’objectif est de les multiplier ces rendez-vous en même temps qu’il faut augmenter le nombre de participants. Le prochain rassemblement aura lieu le vendredi 07 juin à 18H30. A Chambéry, mais aussi à Aix-les-Bains, au Bourget du lac et peut-être dans d’autres communes du département. Chacun d’entre nous peut-être à l’origine d’une mobilisation dans sa commune.

Voici le texte de l’appel « nous voulons des coquelicots» 

« Les pesticides sont des poisons qui détruisent tout ce qui est vivant. Ils sont dans l’eau de pluie, dans la rosée du matin, dans le nectar des fleurs et l’estomac des abeilles, dans le cordon ombilical des nouveau-nés, dans le nid des oiseaux, dans le lait des mères, dans les pommes et les cerises. Les pesticides sont une tragédie pour la santé. Ils provoquent des cancers, des maladies de Parkinson, des troubles psychomoteurs chez les enfants, des infertilités, des malformations à la naissance. L’exposition aux pesticides est sous-estimée par un système devenu fou, qui a choisi la fuite en avant. Quand un pesticide est interdit, dix autres prennent sa place. Il y en a des milliers.
Nous ne reconnaissons plus notre pays. La nature y est défigurée. Le tiers des oiseaux ont disparu en quinze ans ; la moitié des papillons en vingt ans ; les abeilles et les pollinisateurs meurent par milliards; les grenouilles et les sauterelles semblent comme évanouies ; les fleurs sauvages deviennent rares. Ce monde qui s’efface est le nôtre et chaque couleur qui succombe, chaque lumière qui s’éteint est une douleur définitive. Rendez-nous nos coquelicots ! Rendez-nous la beauté du monde !
Non, nous ne voulons plus. À aucun prix. Nous exigeons protection.
Nous exigeons de nos gouvernants l’interdiction de tous les pesticides de synthèse en France. Assez de discours, des actes.

La nécessité d’un mouvement massif

Eric Feraille, président de l’Union Régionale FRAPNA a répondu à nos questions en nous expliquant les enjeux de l’appel des 100 et de la lutte contre les pesticides

1. Pourquoi l’appel des 100 et les rassemblements citoyens les premiers vendredis de chaque mois ?

L’appel des 100 et les rassemblements citoyens sont nés de l’idée que nous ne pouvons compter que sur nous mêmes si nous souhaitons obtenir l’interdiction de tous les pesticides de synthèse qui mettent à genoux la biodiversité (-30% d’oiseaux, -80% d’insectes volants…) et mettent à mal la santé humaine (cancers, maladies neurodégénératives, malformations…). Les politiques ne sont par essence que des suiveurs et seul un mouvement d’opinion massif menaçant leur (ré)-élection fera qu’ils cesseront enfin d’être complices de lobbies criminels. L’objectif de plusieurs millions de français endossant l’appel est ambitieux mais il est à notre portée.

2 Le ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume, s’il s’est prononcé pour la transition vers le bio, avait néanmoins voté, en tant que sénateur, contre l’interdiction du glyphosate. A France Inter (lundi 29 octobre) il a proposé de réduire de 50% l’utilisation des pesticides d’ici 2025. Or en France leur utilisation a augmenté de 12% entre 2014 et 2016. Estimes-tu l’objectif assigné par le ministre réalisable et comment la pression des “coquelicots” peut-elle contribuer à une prise de conscience globale des consommateurs, agriculteurs et du monde politique ?

Je ne peux que me réjouir d’un revirement si rapide de notre ministre! Bien que ces déclarations aillent dans le bon sens, ce ne sont pour l’heure que des mots et les faits sont là! Le glyphosate n’est pas interdit, la consommation de pesticides augmente et le metal-sodium intoxique les populations dans le grand ouest! Bien sûr qu’il est réalisable de réorienter toute la filière agricole française en quelques années! Ce n’est qu’une volonté politique et d’attribution de moyens. Si l’on continue à distribuer l’argent du contribuable (11 milliards d’euros quand même!) aux grands céréaliers ça ne sera pas possible. Si l’on réoriente cette énorme enveloppe sur la transition vers l’agriculture biologique et écologique alors oui c’est possible. Il faudra bien entendu réorganiser le système de fond en comble et se débarrasser de l’emprise du trio infernal FNSEA-coopératives agricoles-firmes agrochimiques. Si plusieurs millions de personnes se lèvent pour que cela arrive, ça arrivera, c’est tout l’enjeu des « coquelicots ».

3. Une récente étude épidémiologique validée notamment par l’INRA et l’INSERM, montre que le risque de cancer est 25% moins important chez les consommateurs réguliers de produits bio. Tes travaux en tant que chercheur et médecin en néphrologie ont-ils orienté, toi ou tes pairs, à mettre en évidence (ou à supposer) le rôle néfaste sur la santé que peuvent avoir certaines substances chimiques ?

Cette étude est très importante car ce résultat est observé en seulement 4 ans de suivi ce qui est extrêmement court! C’est donc un effet majeur et comme par hasard, les cancers qui sont le plus réduits sont ceux qui sont liés aux pesticides (lymphome non-hodgkinien) et aux perturbateurs endocriniens (cancer du sein).
Je suis médecin avant tout et en tant que tel je suis par essence sensible aux effets néfastes sur la santé. Travailler sur le rein qui est la station d’épuration de l’organisme et qui élimine nombre de toxiques a évidemment aiguisé mon attention sur ces problèmes de toxicité de ce que l’on appelle en jargon les xénobiotiques, c’est à dire les substances étrangères à notre organisme.

Propos recueillis par Michel LEVY

Publié par FRAPNA Savoie

Le Mardi 04 juin 2019

https://www.fne-aura.org/actualites/savoie/nous-voulons-des-coquelicots-3/

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