Déchets : l’invasion silencieuse qui menace notre avenir
Face à l’explosion des déchets, il est urgent de rompre avec la surproduction et de revenir à la réduction à la source.
Avec APENA, Allier Nature, FNE Allier, les différents noms de notre association, nous participons activement dans les différentes structures officielles de concertation sur les problèmes environnementaux et donc aussi sur les déchets.
Sur le plan régional, avec la DRIR (direction régionale de l’industrie et de la recherche) qui deviendra la DRIRE (E d’environnement) néanmoins qui restera marquée par la culture industrielle, et dans le cadre de MEDIANE (mission sur les déchets industriels en Auvergne pour un nouvel environnement) nous aurons de nombreuses réunions à Clermont Ferrand entre associations, professionnels du déchet, entreprises, administrations, la situation était telle qu’on jetait de tout, n’importe où.
Dans un premier temps le but était de maitriser la situation par :
- la réduction des déchets à la source
- le recyclage
- la décharge contrôlée
- l’incinération en dernier recours.
Nous pensions que s’imprégner objectivement des réalités, des pollutions, des risques sanitaires et environnementaux etc. aller inciter à une certaine sagesse.
Au contraire, le sentiment de mieux maitriser conduira à produire encore plus n’importe comment.
Toutes les activités de recyclage, compostage, méthanisation, incinération sont devenues, sous couvert du « sacro saint » développement durable une planche à billets séduisante pour générer plus de profits.
Entre l’obligation de renouveler un matériel de moins en moins solide et la persuasion dévoyée de devoir posséder absolument les dernières nouveautés du marché se glisse une addiction au progrès technique.
Ce qui multiplie de plus en plus les déchets.
La seule et vraie solution repose sur « la réduction à la source » en :
- Allongeant la durée de vie des objets
- Produisant le plus souvent localement
- Définissant nos besoins collectivement
- Agissant dès la conception du produit
Pour finir, tout produit élaboré à des fins commerciales devrait posséder son cycle de destruction sans passer par l’incinération ni par l’enfouissement « process » qui ne réduisent pas la toxicité des déchets.
Toute conception nouvelle devrait s’enrichir des impératifs environnementaux du
ZERO déchet et ZERO gaspillage
Le meilleur déchet étant celui qui n’est pas produit
L’invasion des déchets
C’est un vrai drame, une calamité publique. On ne pourra jamais revenir à un espace nettoyé de toutes les traces toxiques polluantes de la surproduction, de la suractivité humaine.
Pire encore, les déchets radioactifs en sont une désastreuse illustration pour des millions d’années.
Autre exemple, le plastique…On a retrouvé des microplastiques dans tous les espaces naturels étudiés, désert, sols agricoles, organismes divers du vivant, végétaux, animaux, …cheveux, urine, cerveau, poumons, intestins etc.
L’économie circulaire est apparue comme une formule magique. Cela relève de la promesse d’une croissance infinie et bien qu’utopique d’immortalité….
Or le taux de recyclage des déchets reste très faible malgré quelques filières qui ont bien progressé comme pour certains métaux et le verre, cependant le plastique et assimilés peinent à atteindre 27% en France, niveau mondial tout juste 7%.
Ce qui revient à dire que 93% de l’économie s’appuie sur l’extraction de ressources vierges.
On essaie bien de nous rassurer en nous promettant d’autres solutions, des nouvelles techniques pourtant leur efficacité reste encore incertaine bien que le discours d’une croissance infinie persiste.
La nature n’est pas un dépotoir
Nos déchets ont beaucoup à nous dire sur notre rapport au monde naturel, sur nos techniques pour s’en débarrasser et sans doute surtout sur notre arrogance.
En parler, interroge notre manière d’être en ce monde et sur nos modes de vie.
C’est regarder vraiment ce que nous voulons cacher pour ne pas remettre en question notre société de surconsommation.
Pour cela nos déchets sont confiés à des systèmes techniques complexes, collecte, tri, enfouissement, recyclage, incinération…
Ces procédés sont conçus contrôlés par des experts, ce qui nous déresponsabilise profondément.
Notre rôle de citoyen est très passif sur le sujet. Nous trions avec docilité nos détritus, les déposons au bon endroit en principe, et les professionnels font le reste.
Nous ne savons plus, ou si peu, réparer, réutiliser, recoudre, composter et pour se donner bonne conscience croyons que tout est géré.
En réalité les filières de tri, de recyclage, d’incinération sont très complexes, coûteuses et fragiles. Elles ne peuvent accepter le flux incessant et croissant que nous produisons par une incitation permanente à consommer.
L’économie circulaire où tout déchet redeviendrait ressource où chaque nouvelle technologie censée transformer nos rebuts en or sont des leurres.
Qu’en au recyclage il paraît séduisant et écologique, hormis qu’il rend légitime les pratiques de surconsommation car le recyclage a besoin d’un gisement de déchets abondant pour n’en sortir qu’un moindre pourcentage..
En fait, toute réflexion sur le déchet engendre une réflexion sur le système qui le produit et à redéfinir collectivement nos responsabilités envers l’ensemble du monde vivant pour définir ce qui est utile, nécessaire, indispensable, superflu, inutile, nuisible etc.
La colonisation des déchets
Nos déchets inassimilables hors circuit des potentiels traitement se retrouvent dans les pays les plus pauvres et ceci malgré la convention de Bâle de 1992 qui interdit d’exporter des déchets d’un pays vers un autre sauf si ces déchets pourraient être réutilisés voire réparés.
Selon la Banque mondiale 80% des déchets électriques ou électroniques sont expédiés illégalement vers les pays pauvres, notamment Afrique de l’Ouest : Bénin, Côte d’Ivoire, Ghana, Libéria, Nigéria…
Le tout traité par de jeunes enfants qui brûlent le plastique sans protection libérant des émanations toxiques pour en récupérer les métaux divers. On recense des problèmes respiratoires, problèmes aux yeux, de la peau, cancers et autres encore inconnus.
La science sans conscience
Dans la plupart des discours politiques, la science est aujourd’hui de plus en plus convoquée pour énoncer des « vérités incontestables ».
Pourtant suite à de nombreux scandales sanitaires comme l’amiante parmi tant d’autres, un climat de suspicion s’est installé creusant un fossé entre les chercheurs eux-mêmes et les citoyens.
Qui croire ? à qui profite la science ?
De nombreux chercheurs ont participé à un processus de confiscation des connaissances de la science au service des intérêts privés des grands groupes industriels, souvent avec la complicité active de l’Etat.
Ils ont ainsi contribué à instaurer l’hégémonie d’une stratégie du doute quant aux risques industriels et à leurs conséquences.
Selon REACH : règlementation sur les autorisations des produits chimiques, 150 000 produits chimiques utilisés et balancés dans la nature alors que 3% seulement seraient examinés concernant leur impact sur la santé humaine ou la santé environnementale de la planète.
Pourtant REACH qualifie et identifie de nombreuses substances extrêmement préoccupantes lorsqu’elles remplissent au moins l’un des critères suivants :
- Les substances cancérogènes de catégorie 1A ou 1B,
- Les substances mutagènes de catégorie 1A ou1B,
- Les substances toxiques pour la reproduction de catégorie 1A ou 1B,
- Les substances persistantes, bioaccumulables et toxiques (PBT),
- Les substances très persistantes et très bioaccumulables (vPvB),
- Les substances de niveau de préoccupation équivalent, comme les perturbateurs endocriniens, les sensibilisants respiratoires, les substances persistantes, mobiles et toxiques (PMT) et les substances très persistantes et très mobiles (vPvM).
Par exemple :
Les PFAS (substances per‑ et polyfluoroalkylées) sont une famille de composés chimiques synthétiques contenant des liaisons carbone fluor — l’une des liaisons les plus fortes et les plus stables en chimie organique.
Elles sont souvent qualifiées de « produits chimiques éternels » par leur résistance exceptionnelle à la dégradation.
Tous les milieux air, eau, sol, sédiments organismes vivants sont contaminés.
Des études épidémiologiques et toxicologiques montrent des liens avec divers troubles de santé, même à de faibles concentrations.
Pourtant, elles continuent d’être très utilisées par les industrielles comme, Revêtements antiadhésifs (ex. : ustensiles de cuisine), mousses anti‑incendie, imperméabilisants textiles déperlants, emballages alimentaires, produits cosmétiques, produits électroniques, etc.
Retour sur le plastique
Genève août 2025 rencontre de tous les Etats du monde pour négocier un traité pour la réduction des plastiques, fiasco complet.
Les pays producteurs de pétrole ne peuvent tolérer aucune limitation du raz de marée pétrochimique.
Issu du raffinage du pétrole brut le « naphta » est la matière première du plastique. Il représente 12% du pétrole qui sera converti chaque année en polymères par des procédés pétrochimiques.
C’est 4 fois plus d’émissions de gaz à effets de serre que l’aviation.
En 1950 2 millions de tonnes de plastique, aujourd’hui 450 millions de tonnes avec des prévisions triplées d’ici 2060…
L’industrie pétrolière miserait elle sur les plastiques pour compenser le déclin probable de la consommation des carburants ??
Dans le monde seuls 7% du plastique est recyclé.
En France près de 80% des plastiques sont incinérés, enfouis ou tout simplement évanouis dans la nature.
Pour preuve on en trouve partout sols, boues de station d’épuration, nappes phréatiques, fleuves, rivières, lacs, mers, dans les fosses océaniques, dans la chaine alimentaire, dans nos organismes, le sel, les légumes, le miel, l’air…
Polymères et autres bisphénols, phtalates présents dans les plastiques sont problématiques en raison de leur toxicité et de leur effet de perturbateur du système immunitaire, système nerveux, cardio-vasculaire, digestif, respiratoire…ces perturbateurs endocriniens sont suspectés de contribuer au mauvais développement, à l’infertilité, obésité, diabète, autisme, déclin intellectuel…
Même si la production de plastique cessait en 2040 le pic de pollution persisterait jusqu’en 2400.
Depuis 1950 le monde a produit 8,3 milliards de tonnes de plastique en seulement 75 ans…..le plus affolant est que la moitié de la quantité totale l’aurait été ces quinze dernières années !!
Pour modifier ou attribuer certaines propriétés au plastique 582 molécules sont autorisés comme additifs, cependant leur formulation exacte reste confidentielle protégée par le » fameux secret industriel »…
Tous les ans, +ou-8 millions de tonnes se retrouveraient dans les océans, et ce que l’on voit flottant en surface ne représente que 1%, 94% finissent au fond détruisant tout l’écosystème.
Le déclin de la fertilité
Déjà en 1962, Rachel CARSON lance l’alerte dans un livre choc.
« Le printemps silencieux »: son alerte sur les pesticides a conduit à l’interdiction de l’usage du DDT dans le monde agricole qui a tout détruit sur son passage.
Son constat : C’est que, « dans la nature, tout est lié » .
S’en souvenir aujourd’hui est vital, car au vu des dégâts constatés sur la faune sauvages en général, il n’est pas insensé de craindre les mêmes effets pour les humains en commençant pas le fœtus humain.
Une étude de 2004 signale la présence de phtalates, bisphenols, pesticides dans le sang du cordon ombilical de nouveaux nés.
En 2019, la pollution de l’air a tué 500 000bébés dans le monde.
Depuis plusieurs décennies la natalité ne cesse de baisser, la fertilité étant très impactée par la pollution.
De plus pour les enfants qui naissent, c’est une explosion des troubles neurodéveloppementaux.
Les troubles du neurodéveloppement sont des troubles spécifiques qui apparaissent tôt dans l’enfance et qui ont un retentissement sur le bien-être mental.
Aux USA en 1975 : 1 enfant naissait autiste sur 5000
en 2022 : 1 enfant naissait autiste sur 31
A tel point qu’une projection statistique chiffre pour 2050 :1 enfant sur 4.
Mais nos enfants pourront-ils encore faire des enfants avec la forte baisse de la fertilité et de la fécondité constatée?
Publié par FNE Allier
Le Mardi 23 juin 2026
https://www.fne-aura.org/actualites/allier/dechets-linvasion-silencieuse-qui-menace-notre-avenir/
Partager