Barrière hydraulique des champs-captants des eaux de Rochefort et pollution du Drac
Aux portes de Grenoble, certaines plateformes industrielles rejettent des composés chimiques dans les milieux aquatiques. Un risque pour la ressource en eau de la Métropole… mais loin d’être ignoré. FNE Isère s’est rendue sur le terrain. On vous en dit plus sur le dispositif de protection des captages des eaux de Grenoble !
Le site de captage des eaux de Rochefort et les activités industrielles environnantes
Situé à Varces, le site de captage des eaux de Rochefort s’étend sur près de 2 300 hectares et fournit 40% de l’eau potable de la Métropole de Grenoble sans aucun traitement. Cette dernière en assure la bonne gestion.
En service depuis 1968, 3 puits à drains rayonnants et 2 puits à barbacanes de 30 mètres de profondeur permettent de capter l’eau de la nappe alluviale du Drac. Afin de protéger la ressource en eau, le site bénéficie d’une Déclaration d’Utilité Publique, qui définit des zones de protection avec des règles d’usage. Certaines activités, notamment industrielles, sont alors réglementées, restreintes voire interdites. Par ailleurs, le site fait partie de la réserve naturelle régionale des Isles du Drac pour sa biodiversité remarquable mais fragile.
Située à proximité des captages des eaux de Rochefort, Arkema Jarrie est une usine chimique spécialisée dans la fabrication du chlore et de ses dérivés. Elle produit notamment du chlorate de sodium et du perchlorate de sodium. Elle est autorisée, par Arrêté Préfectoral, à en rejeter une partie qui se retrouve dans les milieux aquatiques. Ces substances pourraient contaminer la nappe.
Les dispositifs hydrauliques pour protéger les captages des eaux de Rochefort
Le pompage de confinement d’Arkema
Afin d’assurer la protection des captages, l’entreprise doit mettre en place un pompage de confinement (voir Figure 1). Par prescription d’un arrêté préfectoral, elle doit pomper en continu 0,75 m3/s de l’eau de la nappe située sous leur site, polluée par plus d’un siècle d’activités chimiques. Ce pompage permanent vise à éviter que cette eau ne migre et ne contamine la nappe en aval. Arkema utilise ensuite l’eau polluée qu’elle a pompée pour ses process industriels. Puis, la majorité de cette eau est rejetée dans la Romanche, affluent du Drac, où elle se dilue.

Figure 1 : Pompage de confinement Arkema ©FNE Isère
Pour en savoir plus sur le piège hydraulique !
https://selecdepol.fr/techniques-de-depollution/piege-hydraulique
Barrière hydraulique de Fontagneux
On l’aura compris, Arkema rejette des composés chimiques dans la Romanche. Cette rivière se jette dans le Drac, la contaminant à son tour.
Les puits de captage des eaux de Rochefort pompent l’eau de la nappe qui s’est infiltrée bien en amont des rejets d’Arkema, au cœur de la Réserve Naturelle. Lorsqu’ils pompent, ils captent surtout cette eau de très bonne qualité. Mais, en pompant, ils pourraient également attirer l’eau du Drac contaminée.
Pour éviter les transferts de pollutions depuis le Drac contaminé vers les captages d’eau potable, une barrière hydraulique a été mise en place. Ce dispositif permet de remonter artificiellement le niveau de la nappe entre le Drac contaminé et les puits. La nappe vient alors alimenter le Drac, et non l’inverse, empêchant ainsi la remontée des contaminants.
Mais d’où vient cette eau non polluée qui permet de remonter le niveau de la nappe ?
L’eau est prélevée au niveau du seuil du Canal EDF de Champ II, en amont des rejets d’Arkema. Elle est ensuite acheminée dans un canal de fuite perméable. Elle peut ainsi s’infiltrer dans la nappe et remonter son niveau (voir Figure 2).

Figure 2 : Barrière hydraulique de Fontagneux ©FNE Isère
Ce canal alimente aussi une série d’étangs de la réserve naturelle régionale des Isles du Drac qui augmentent la surface d’infiltration (voir Figure 3).

Figure 3 : Barrière hydraulique de Fontagneux (vu de haut) ©FNE Isère
Comment agir sur la qualité de l’eau ?
L’eau de Grenoble est l’une des rares eaux en France à être distribué sans traitements préalables. Mais les activités industrielles lui font courir un risque non négligeable.
La Métropole de Grenoble a demandé à Arkema de déplacer ses rejets en aval des champs-captants, celle-ci n’a pas souhaité donner suite. Pour l’UFC Que choisir, c’est la goutte de trop !
Déjà en 2024, FNE Isère alertait sur les vulnérabilités de l’état de la nappe qui fournit la ville de Grenoble en eau. FNE Isère avait alors engagé des poursuites. Notre fédération poursuit son plaidoyer, assure une veille et siège dans les instances de l’eau de la Métropole de Grenoble. En allant directement sur le terrain, nous continuons à mettre en lumière ces dysfonctionnements et à vous informer.

Puit de captage ©FNE Isère
Publié par FNE Isère
Le Jeudi 26 février 2026
https://www.fne-aura.org/actualites/isere/barriere-hydraulique-des-champs-captants-des-eaux-de-rochefort-et-pollution-du-drac/
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