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Cadmium dans l’alimentation : la filière bio est moins touchée

Le cadmium est un métal naturellement présent dans les sols à doses variables selon les types de sol. Il est notamment plus élevé dans les sols calcaires. A forte dose il peut être cancérigène via l’alimentation.

Mercredi 01 avril 2026 Agriculture Produire et consommer Santé

On le soupçonne d’être à l’origine de l’augmentation du nombre de cancers du pancréas. Le 25 mars l’ANSES (agence de sécurité sanitaire) publiait un rapport alarmant démontrant la forte imprégnation du corps humain par ce métal, plus importante en France que dans les pays environnants. En cause principale l’utilisation d’engrais à base de phosphate minier dans l’agriculture dite « conventionnelle ». L’ANSES demandait de restreindre les apports d’engrais phosphatés. Paradoxalement elle mettait dos à dos tous les types d’agriculture dont le bio. Elle faisait fi d’une compilation d’études à l’échelle européenne datant de 2014 et démontrant un écart de 48 % entre culture bio et non bio, en faveur du bio. La fédération nationale de l’agriculture biologique vient de demander officiellement à l’ANSES de « rectifier rapidement les éléments problématiques afin de garantir une juste information des pouvoirs publics et des consommateurs ». Nous n’irons pas jusqu’à dire que l’ANSES a été sensible aux lobbies de l’agro-industrie, mais l’on peut affirmer avec force sur la foi de données incontestables que dans ce domaine manger bio c’est plus sûr pour la santé !

Mangez plus de bio et moins de cadmium

C’est une question connue depuis longtemps : le cadmium, métal naturellement présent dans les sols, est « aspiré » par la végétation, dont les fruits et légumes que nous consommons journellement. Certaines plantes en absorbent plus que d’autres, mais cela dépend aussi de la nature du sol, les sols calcaires étant plus riches en ce métal. Si le cadmium n’avait pas de possibles effets sur la santé humaine, cancérogène (cancer du pancréas en augmentation) on ne s’en préoccuperait pas. De toute façon, à l’échelon purement naturel, nous n’avons guère le choix, sauf à sélectionner nos aliments, en priorisant les légumineuses qui en absorbent moins. Et éventuellement on pourrait choisir le lieu de production selon la teneur en cadmium, mais ce serait un véritable casse-tête. Mais on ne peut vivre non plus qu’en consommant lentilles et pois chiches, par ailleurs excellents pour la santé, et supprimer de notre alimentation des aliments à base de farine et pommes de terre par exemple. Les pouvoirs publics et autorités sanitaires devraient cependant prendre des dispositions pour éviter la forte teneur en cadmium dans les aliments ultra-transformés – qui sont à réduire – ce qui n’est pas fait.

Accusés : les engrais phosphatés

Le 25 mars l’ANSES (agence de sécurité sanitaire) lançait une « bombe » sanitaire, en révélant que nos corps en France étaient plus imprégnés en cadmium que ceux de nos voisins européens. L’association Agir pour l’environnement évoque un taux trois fois plus élevé que celui des pays voisins.

Justement l’ANSES met en cause les engrais phosphatés utilisés à forte dose dans l’agriculture conventionnelle et plus que soupçonnés d’être à l’origine du problème. Elle préconise une limitation de leur usage. Selon Benoit Biteau, député écologiste, 80 % de ce cadmium provient de ces engrais.

L’ANSES recommande la limitation de cet usage mais, et c’est là que le bât blesse, l’ANSES met dos à dos agricultures conventionnelles et biologiques dans l’imprégnation des sols.

Ce qui a soulevé la colère justifiée de la Fédération Nationale de l’Agriculture Biologique (FNAB). Elle demande à l’ANSES « de rectifier rapidement les éléments problématiques afin de garantir une juste information des pouvoirs publics et des consommateurs ». La FNAB affirme que les travaux récents montrent que les agriculteurs bio utilisent peu, voire pas de phosphate minier. En effet Arvalis, le plus grand institut de recherche appliquée en France en matière agricole, révêle au travers de l’étude Phosphobio que les phosphates miniers représentent moins de 1 % des usages en bio. Qui en plus est le règlement bio impose déjà le respect de seuils plus exigeants qu’en conventionnel ».

Ainsi en agriculture bio la limite maximum du cadmium est de 60 mg/kg contre 90 en France.
N’en déplaise à l’ANSES et aux lobbies agricoles, le bio c’est mieux. Pourquoi d’ailleurs ne pas profiter de l’actuelle guerre au Moyen-Orient qui rend difficile l’acheminement et renchérit les engrais pour réfléchir à une possible reconversion en bio ?

Publié par FNE Savoie

Le Mercredi 01 avril 2026

https://www.fne-aura.org/actualites/savoie/cadmium-dans-lalimentation-la-filiere-bio-est-moins-touchee/

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