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CLIMAT, PAIX, SOLIDARITÉ Des Alpes à l’Himalaya, nous sommes reliés

La catastrophe vécue au cœur du Népal vient de nous rappeler que la montagne est un espace fragile et toujours en mouvement. Ne pas en tenir compte peut avoir des conséquences terribles sur le vivant. En France on surveille les glaciers et on pallie à l’urgence mais, dans les stations, il ne semble pas qu’on soit prêt à réduire la voilure des aménagements et comportements devant le changement climatique. Une marche citoyenne sur le thème du climat, de la paix et de la solidarité se déroulera à Chambéry le samedi 26 septembre. FNE Savoie en sera un des acteurs.

Mercredi 09 septembre 2026 Climat

CHANGEMENT CLIMATIQUE En tirer les conséquences en Himalaya et dans les Alpes

(c) Ch. Bernard. Montagnes enneigées et glaciers en sursis dans la vallée de Chamonix Juillet 2022.

EN HIMALAYA

Le drame vécu dans la vallée népalaise de la rivière Bhote Khosi prolongée par la Trisuli, le 26 août dernier, serait dû à l’effondrement d’une partie de la montagne de Langtang à laquelle était accroché un glacier.

Comparable à un « tsunami », la gigantesque crue qui a suivi a provoqué la destruction de plusieurs villages désormais recouverts de boue, au moins 1300 morts (comptabilisés en ce début septembre 2026), nombreux disparus, familles disloquées, enfants en détresse, animaux sauvages ou domestiques anéantis, poste frontière et routes explosés, économie détruite. Des glissements de terrain pourraient être réactivés et on peut craindre aussi les chutes de séracs. Comme l’écrit Vincent Koulinski dans une tribune du Monde (06.09.2026) : « la complexité de ces enchaînements dépasse nos capacités d’anticipation ».

Ces évènements en cascade posent la question des risques liés à l’aménagement excessif de cette vallée escarpée, avec une urbanisation galopante proche de la rivière. 

Dans une vallée voisine qui rejoint le Mustang : des routes agressives défigurent des paysages magnifiques, détruisent des sentiers ancestraux, amènent des touristes motorisés et pressés dans les villages et les lieux sacrés, laissant bergers et randonneurs pédestres bien démunis. Plus au Nord, le Tibet « toit du monde » et château d’eau de l’Asie est complètement dénaturé par des aménagements d’infrastructures multiples réalisés en accéléré depuis 2000.

Le réchauffement climatique, qui accentue la fonte des glaciers et les effets des fortes pluies de la mousson, est sous-jacent à ces événements extrêmes et spectaculaires, mais il n’est pas le seul :

  • Le choc de l’effondrement a été si fort que dans un premier temps, il a pu faire croire à un séisme, aujourd’hui démenti, dans ce secteur déjà très éprouvé par le tremblement de terre de 2015. Toutefois, cherchant le(s) déclencheur(s), on peut se demander si, même après une décennie (c’est à dire rien du tout à l’échelle géologique), cet épisode sismique n’a pas laissé des séquelles (micro-fissures instables) dans la roche mère constituant la montagne ?
  • Sous les pressions chinoise et indienne, avec le financement de la Banque mondiale (entre autres), 36 barrages sont construits ou en cours dans le bassin versant de cette vallée, d’où la présence de tunnels – et des ouvriers piégés – liés à des constructions hydroélectriques ; certaines sont souterraines. L’impact des travaux dans la vallée et les parties détruites par la crue sont encore loin de pouvoir être évalués.
  • Un projet de voie ferroviaire reliant le Tibet à Katmandou, est en cours d’études par la Chine toute puissante. Après le tronçon Shigatze-Gyirong, en cours de réalisation, était prévue, entre autres, la réalisation d’un tunnel d’environ 70 km, (sous la montagne de Langtang dont une partie vient de s’écrouler), encore plus ambitieux que le tunnel de base du Lyon-Turin, avec un coût exorbitant pour le Népal. Pour l’instant il semblerait que le projet, imaginé de longue date et soutenu par l’ancien gouvernement corrompu du Népal, en soit à la finalisation de sondages géologiques.

Bien malin celui qui pourrait dire ce qu’ont fait exactement les Chinois sous la montagne !

Si malgré l’effondrement et la crue (touchant probablement l’emplacement de la future gare de Gyirong), le projet devait quand même se poursuivre, sans considérer la vulnérabilité de l’environnement, techniquement ce ne serait pas pour demain.

Les Népalais pourraient devenir plus méfiants voire désormais s’opposer au projet ? Sinon on peut imaginer une catastrophe à facettes multiples pour le Népal. Cela dans un contexte géopolitique où au nord de la frontière, la population tibétaine est infiltrée et privée d’expression de sa culture ancestrale par la Chine, tandis qu’au Sud, l’Inde exerce une forte pression commerciale et touristique.

Les glaciers sont en sursis, d’autres évènements de ce type pourraient survenir au Népal, en particulier au moment de la mousson ; comment le pays pourrait-il s’en remettre si nous ne sommes pas tous SOLIDAIRES ?

Origine de l’effondrement de la montagne du Langtang : https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/crues-nepal-moins-100-millions-metres-cubes-chercheuse-revele-scenario-catastrophe-nepal-137493/??md5=762bdd3695e5c0e69cf467b5f18576d2&sha256=f803a964f8050bd7c4268aec49d2b336524d5d78ba3d5a1c4b1001468bc1aff7&utm_source=brevo&utm_medium=email&utm_campaign=alerte&utm_id=Cadavres+retrouvs+sous+lun+des+QG+dAdolf+Hitler&nl_optin=Alerte

DANS LES ALPES

Sans assimiler l’Himalaya aux Alpes, on ne peut complètement exclure pour l’éternité la possibilité d’un effondrement de type Granier (1248) dans les Alpes. Les phénomènes d’érosion récurrents, liés aux délitements des roches et à la gravité, engendrent des éboulements ou des glissements de terrain qui affectent voies ferrées et routes.

Les fortes pluies entraînent des crues torrentielles ; cela aussi n’est pas nouveau.

On se souvient par exemple du débordement de La Ravoire ou du Charbonnet à Bourg St Maurice (1981) ; pour pas faire de jaloux, le torrent de La Ravoire de Pontamafrey en Maurienne a aussi l’habitude de se manifester (1965, 2020 …).

Irrémédiablement, le réchauffement climatique accentue les phénomènes ; avec la fonte accélérée des glaciers, l’ensemble du cycle de l’eau est affecté.

Chaleur virant à canicule, sécheresse immodérée des sols, vulnérabilité des forêts face au feu, fonte des glaciers et du pergélisol, formation de lacs glaciaires, intensification des ruissellements et donc gonflement excessif des torrents et rivières en cas de fortes pluies ou d’orages… Dès lors que l’espace est habité, tout cela amplifie les « risques naturels ».

Cela affecte le vivant, l’agriculture et l’ensemble de l’économie basée sur le tourisme.

Même si c’est moins brutal qu’au Népal, routes goudronnées et aménagements divers mettent la nature en tension et sont eux-mêmes de plus en plus exposés, comme cet été la route menant à Pralognan la Vanoise, ou encore plus récemment celle menant au Pré de Madame Carle à Vallouise dans les Hautes-Alpes, un lieu très fréquenté, au pied du Glacier Blanc et du Pelvoux. On n’oublie pas aussi le spectaculaire écroulement de roches et de glaces sous l’Aiguille du Midi à Chamonix le 12 août 2026. Les exemples ne manquent pas…

Pour l’urgence, Météo-France affine ses cartes de vigilance et le travail de fond du service RTM (restauration des terrains en montagne) notamment sur le zonage des risques dans les PLU(i), au travers des PPR (Plan de Prévention des Risques), visent à limiter les dégâts potentiels pour mettre en place des actions préventives, autant que faire se peut.

De même que des moyens conséquents sont indispensables aux pompiers pour lutter contre les feux de forêts, à nous d’exiger que ces actions de surveillance et de préventions puissent être pérennes et effectives face à l’augmentation des risques, sans augmenter encore la place prise par les aménagements sur les espaces naturels.

DANS LES ALPES, DES GLACIERS EN PREMIÈRE LIGNE DU RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE

Plusieurs glaciers du département de la Savoie sont sous surveillance et ont été sécurisés pour pallier au risque de déverse d’un lac formé sous la glace : la Grande Motte (Tignes), le Grand Marchet (Pralognan), ou sur la glace : Rochemelon (Bessans)…

La Grande Casse (face nord – Champagny), point culminant du département, est en observation pour risque de chute de séracs. Les glaciers de l’Étendard (St Sorlin d’Arves), les Evettes (Bonneval sur Arc) et Baounet (Bessans) sont également suivis.

Le glacier de Gébroulaz (Les Allues), quant à lui, fait l’objet d’études scientifiques de référence depuis de nombreuses années.

En Haute-Savoie, Isère, Hautes-Alpes, plusieurs glaciers sont également suivis. Des lacs s’étant formés, sous les Bossons (Chamonix) et de Tête Rousse (St Gervais les Bains), ils ont été vidangés. Si le réchauffement s’accélère pourra-t-on faire face ?

Dans le massif des Écrins, on n’oublie pas la concomitance de facteurs géomorphologiques et météorologiques avecla déverse du lac ignoré sous le glacier de Bonne Pierre (21 juin 2024) qui a abouti à la destruction du village de la Bérarde, imprudemment construit sur un cône de déjection.

Comme dans toutes les montagnes du monde, nos voisins italiens, suisses, autrichiens et même allemands ne sont pas épargnés.

En juillet 2022 une part du glacier de Marmolada s’est effondré dans les Dolomites, causant plusieurs morts parmi des alpinistes. En mai 2025, c’est le village suisse de Blatten – heureusement évacué en préventif – qui est enseveli par un effondrement de rochers et de glace. Déjà évoqué dans notre infolettre de la semaine dernière, la fonte du glacier du Rhône est particulièrement alarmante, avec des enjeux bilatéraux liés au débit du fleuve et aux nappes phréatiques attenantes.

La connaissance du terrain, la surveillance et la prévention des populations en cas d’alerte sont primordiales ; l’État et nos élus en ont la responsabilité.

On parle du rôle « refuge » de la montagne lors de canicule estivale, comme vécue en cette année 2026, (Vincent Koulinski, lui, parle de « fantasme »), mais on ne peut ignorer les risques naturels liés au réchauffement, auxquels sont exposés les aménagements touristiques excessifs, avec forte pression sur la biodiversité et sur la ressource en eau.

Pour tous les habitants de la planète, la question est : comment s’adapter au CLIMAT qui se réchauffe, sans être en danger et sans que nos activités soient une menace pour l’environnement qui nous fait vivre ? Cela dans un contexte géopolitique tendu où les montagnes et les rivières qu’elles alimentent sont particulièrement vulnérables, surtout si la PAIX n’est pas assurée entre les pays.

Puisse la catastrophe de l’Himalaya nous ouvrir les yeux.

Photo DREAL Rhône-Alpes. Petit Livre noir de l’Or blanc. FRAPNA 1984 : Face aux glaciers de la Savinnaz et de la Gurraz (Haute Tarentaise, PNV) aujourd’hui en nette diminution, traces des sondages réalisés par EDF en vue de la construction du barrage du Clou, aujourd’hui abandonné. Pour mémoire.

Publié par FNE Savoie

Le Mercredi 09 septembre 2026

https://www.fne-aura.org/actualites/savoie/climat-paix-solidarite-des-alpes-a-lhimalaya-nous-sommes-relies/

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