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Eaux traitées des stations d’épuration : la rénovation de la galerie d’évacuation pas neutre pour la santé du lac du Bourget

Le camping du Bourget-du-Lac, en bord de la Leysse et du lac a été fermé depuis dimanche soir 27 septembre. Le lendemain lundi, 200 mètres en amont, la Leysse commençait à mousser. La grande lessive d’automne ? Non, c’est la première conséquence visible des travaux prévus jusque fin avril au plus tard visant à conforter la galerie sous la chaîne de l’Epine. Une galerie de 12 kilomètres qui draine ordinairement les eaux usées sortant des stations d’épuration de Chambéry, Aix-les-Bains et le Bourget du Lac, vers le Rhône. Une opération nécessaire pour éviter l’effondrement de cette galerie qui, depuis 1980, a permis de sauver le lac du Bourget de l’eutrophisation (asphyxie par manque d’oxygène). N’empêche que, malgré les dispositions de contrôle et d’analyses prises pour éviter des impacts fâcheux, on peut se questionner sur les conséquences d’une telle opération puisque les stations d’épuration ne traitent que 90 % des eaux usées ce que ne conteste pas le CISALB (Comité Intercommunautaire Pour l’Assainissement du Lac).

Mercredi 30 septembre 2026 Eau

Comme d’ordinaire en début d’automne, la Leysse est au plus bas. Qui plus est, cette année, les canicules successives et le manque de précipitations, ont engendré un étiage sévère de la Leysse. Il est compréhensible que l’on ne puisse, au dernier moment, changer les dates de début de travaux -peut-être un peu précoces dans la saison- mais prévus de longue date, (coût : 5,5 millions d’euros). Toujours est-il que les eaux basses de la Leysse, à 600 mètres environ du lac, ont du mal à cacher les rejets blancs des lessives et autres résidus d’entretien ménager ou émanations de l’industrie et pollutions agricoles.

Sagement, les municipalités du Viviers du Lac et du Bourget-du-Lac demandent à ce que l’on ne se baigne pas sur les plages à proximité du rejet et que l’on ne donne pas à boire aux animaux, qu’on se lave les mains après contact avec l’eau. Mesures de précaution de bon sens.

(c) Michel Levy

La pêche oubliée : ce n’est pas un poisson d’avril !

Naïvement on pourrait croire que des mesures ou recommandations pourraient concerner la pêche. C’est être naïf ! « Rien entendu » nous confiait un pêcheur amateur il y a quelques jours. Renseignements pris auprès des Pêcheurs Chambériens (association qui a compétence sur le lac au même titre que celle d’Aix-les-Bains), aucune disposition n’a été prise par les pouvoirs publics. On aurait pu imaginer que sur un lac qui a connu la crise des PCB -l’omble chevalier reste interdit à la consommation- a tout le moins les pouvoirs publics recommandent de ne pas pêcher vers l’exutoire de la Leysse. A espérer que certains pêcheurs ne viennent pas en ces lieux riches de nutriments -pas nécessairement sains !- pour les poissons et les humains. Il s’agit ici d’une question de santé publique.

Le Cisalb a confirmé à une question de FNE Savoie que cette opération ne mettait pas en cause la potabilité de l’eau puisée dans le lac et aboutissant dans les foyers de certaines communes au pied du Revard. L’éloignement du captage, et sans aucun doute les dispositifs de filtration, rendent cette affirmation crédible. Des contrôles seront néanmoins effectués à proximité.

Plus que l’impact des rejets temporaires pour des visites techniques, tous les 2 ans pendant une durée de 3 semaines, la longueur de la période de rejets à l’automne 2026 et au printemps 2027 doit faire l’objet d’une grande vigilance. D’autant plus qu’en tous lieux des polluants émergents -comme les PFAS- suscitent bien des questions en matière de santé publique, et le lac n’en est sans doute pas exempté.

Et quid du retournement hivernal des eaux du lac en hiver (entre les eaux plus froides et plus chaudes) qui semble moins bien se faire ces dernières années suite au changement climatique. Si cela se produisait encore cet hiver, ce manque de brassage devrait moins favoriser la dispersion de polluants et au-delà agir sur la biodiversité.

Un ensemble d’éléments pour exercer la plus grande vigilance sur l’opération en cours, et au-delà pour la santé du lac.

Publié par FNE Savoie

Le Mercredi 30 septembre 2026

https://www.fne-aura.org/actualites/savoie/eaux-traitees-des-stations-depuration-la-renovation-de-la-galerie-devacuation-pas-neutre-pour-la-sante-du-lac-du-bourget/

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