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Appel à contribution contre un projet d’urbanisation de 16ha de terres agricoles à Ferney-Voltaire

En avril dernier, Pays de Gex Agglomération a ouvert à la concertation une Nième modification de son PLUIH. Cette modification concerne l’ouverture à l’urbanisation de 16h de terres agricoles sur les lieux-dits de la Fin et de la Veudagne. Ces lieux se situent entre la zone commerciale de Bois Candide de Ferney-Voltaire, le parc d’activité des Anneaux de Magny et le quartier récemment sorti de terre de Garden Parc. Une extension urbaine de plus à Ferney-Voltaire au détriment des espaces naturels et agricoles.

Mardi 25 juin 2024 Villes et territoires

Ce projet est un ensemble immobilier qui comprendra la création:

– d’un équipement hospitalier ou de santé privé d’au moins 50 lits

– de 400 logements, des équipements scolaires, des équipements de petite enfance et de commerces

– de 300 unités d’hébergement senior/jeunes et d’un EPADH de 100 places minimum

– d’équipements sportifs

– d’une zone d’équipements liés à l’activité économique tertiaire.

Ce projet de modification n°6 serait noté « d’intérêt général » compte-tenu des équipements à venir.

FNE Ain lance un appel à ses membres et sympathisants à contribuer à la concertation qui s’est ouverte en avril 2024 et se terminera en avril 2025.

FNE Ain ne s’oppose pas à la création d’un hôpital, d’infrastructures d’accueil intergénérationnels ou d’équipements sportifs mais l’association s’inquiète et s’oppose à l’emplacement de ces infrastructures.

Quels sont nos arguments ? (Arguments que vous pouvez reprendre pour rédiger votre contribution)

– Ce projet immobilier détruirait 16ha de terrains agricoles. On artificialise encore au lieu de réaliser une densification intelligente de l’existant et en cohérence avec l’ensemble du territoire. Le document de consultation annonce lui-même un impact fort car il consomme beaucoup d’espace. Construire sur cette zone conduit à de la destruction pure et simple d’habitats pour la faune et la flore en place.

– Sans surprise, comme c’est le cas de beaucoup de terrains du Pays de Gex, la zone qui sera ouverte à l’urbanisation se trouve à l’emplacement d’une ancienne zone humide, en témoigne le bassin de rétention du Nant, tout proche et en amont, de la zone constructible. Les terrains sont humides et ce phénomène est accentué par la géologie du site : une couche de sédiments imperméables : de la molasse se situant à quelques mètres de profondeurs. La morphologie des sols dans cette zone est donc susceptible de recevoir et de stocker beaucoup d’eau de ruissellement.

Artificialiser cette zone revient à chasser l’eau des sols et augmenter le risque d’inondation. En effet le document projet nous fait remarquer que l’urbanisation conserve les zones humides et les ripisylves existantes, mais indirectement, elles seront touchées par cette urbanisation à cause de l’artificialisation des sols.

– Le projet prévoit la création et l’amélioration de corridors écologiques. Mais il en détruira aussi. Comment les espèces animales sauvages se déplaceront-elles dans un espace très urbanisé, très dense où l’humain est omniprésent ? Comment évolueront des espèces de milieux ouverts et cultivés présents sur le bassin du Nant (hors projet), comme par exemple le Tarier pâtre, si ces espaces vitaux pour elles disparaissent ?

Il est toujours préférable de conserver, d’améliorer les corridors existants et les milieux autour plutôt que les détruire puis de les recréer.

– Le projet prévoit l’aménagement des abords des rives du Nant ainsi que l’aménagement d’un parking relais proche du rond-point des anneaux. Cette zone a déjà été touchée par des activités humaines anciennes. La zone est proche d’une ancienne décharge réhabilitée sur laquelle on a construit le quartier de l’hôtel Première Classe et de Gammvert. On y observe aussi la présence d’espèces invasives telle que la Renouée du Japon. Nous nous interrogeons sur le détail de cette réhabilitation qui pourrait exposer les habitants et les milieux à des pollutions si les sols sont modelés. L’aménagement du parking relais est une hérésie : comment peut-on artificialiser des sols à quelques mètres à peine de la Réserve naturelle de Mategnin les Crêts. Où iront les polluants liés au stationnement de voitures… dans cette réserve ? De plus le terrain, est régulièrement gorgé d’eau en hiver. Où ira l’eau ?

– Enfin l’emplacement même de l’hôpital et de toutes les infrastructures pose question. Nous constatons régulièrement la saturation du réseau routier aux alentours, créant des nuisances sonores, des pollutions aux gaz d’échappement. Le carrefour menant vers la Suisse voisine et le centre commercial de Bois candide a déjà été retravaillé à plusieurs reprises sans trouver de solutions pérennes. La création de 400 logements, d’infrastructures d’accueil du public et de commerces jettera à nouveau un flot de voitures sur les routes. Comment se rendre à l’hôpital si le réseau routier est saturé ? Les service d’urgences n’ont pas encore de véhicules volants capables de sauter par-dessus les bouchons !

Tous ces arguments additionnés conduisent notre association à être très vigilante sur ce projet. FNE Ain est opposée à l’urbanisation de ces 16ha de terrain. Le projet, qui au premier abord, semble vertueux par la création d’un hôpital pour les Gessiens, ne laisse finalement qu’une place très limitée à la biodiversité déjà bien atteinte et détériore la qualité de vie des quartiers attenants qui verront leur dernier bout de campagne disparaître sous les pelleteuses.

Publié par FNE Ain

Le Mardi 25 juin 2024

https://www.fne-aura.org/actualites/ain/appel-a-contribution-contre-un-projet-durbanisation-de-16ha-de-terres-agricoles-a-ferney-voltaire/

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