Bouquetins du Bargy abattus, le préfet rappelé à l’ordre
Le 12 janvier 2026, le tribunal administratif de Grenoble a annulé l’arrêté préfectoral autorisant l’abattage de 75 bouquetins du massif du Bargy.
La justice reconnait que le Préfet a ignoré la suspension judiciaire pour passer en force et sans jamais prouver qu’il n’existait aucune alternative à l’abattage pour lutter contre la brucellose. Le Préfet est condamné à verser 5 000 euros aux associations1 requérantes dont FNE.
La justice avait déjà donné raison aux associations en mai 2022 en suspendant un précédent arrêté préfectoral qui visait à abattre 170 bouquetins de façon « indiscriminée ». En dépit de cela, le Préfet a décidé de « nettoyer » le massif du Bargy quelques jours avant la venue du Ministre de l’Agriculture, contre les avis des scientifiques et des citoyens, qui sont 88% à avoir émis un avis négatif lors de la consultation publique menée.
Abattages « indiscriminés »
En 2022, dans le cadre de la lutte contre la brucellose dans le massif du Bargy, les services de l’État ont déployé une stratégie reposant majoritairement sur les abattages « indiscriminés » de bouquetins, c’est à dire indépendamment de leur contamination effective, et ce malgré nos demandes répétées d’opter pour d’autres solutions privilégiant les captures en vue de contrôles sanitaires. En effet, les experts scientifiques ont clairement démontré que cette stratégie n’est pas une solution à l’éradication de la brucellose. Les scientifiques du Conseil National de Protection de la Nature (CNPN) avaient déjà émis le 16 juin 2022 un avis défavorable à cette stratégie.
96% des 170 bouquetins n’étaient pas porteurs de la maladie
Depuis le printemps 2022, 170 bouquetins avaient été capturés et il a été constaté que plus de 96% n’étaient pas porteurs de la maladie. Un abattage « indiscriminé » aboutissait donc à éliminer une majorité d’animaux sains et à inciter les hardes à se fragmenter, accroissant ainsi le problème plutôt que de le résoudre. Ce mode opératoire nous apparaissant donc parfaitement illégal et inefficace, nous avons rapidement obtenu gain de cause devant le juge administratif des référés : il a ordonné la suspension de ces abattages « indiscriminés ».
Un préfet contourne la loi : 61 bouquetins abattus, dont seulement 2 ou 3 bouquetins potentiellement séropositifs
Malgré la décision de justice qui soulignait l’illégalité de cette pratique, malgré les avis scientifiques opposés, et malgré les avis défavorables des citoyens lors de la consultation publique, le Préfet a préféré contourner l’interdiction qui lui était faite en publiant un nouvel arrêté en octobre. Dans les trois jours suivants, 61 bouquetins étaient abattus sur le massif, dont seulement 2 ou 3 étaient potentiellement séropositifs. Bien que la rapidité de la manœuvre ait entravé profondément notre capacité d’action, nous avons immédiatement saisi à nouveau la justice. Et le juge nous a encore donné raison en dénonçant cette pratique illégale. Il s’agit là d’un comportement fautif de la part de l’État, c’est inacceptable.
Annulation définitive de l’arrêté autorisant l’abattage
L’annulation de l’arrêté autorisant ces abattages indiscriminés est devenue définitive. Si les bouquetins n’auront pas été complètement épargnés, souhaitons que ces jugements envoient un signal fort envers le Préfet afin de conforter une refonte de la stratégie de gestion de la brucellose et le respect de notre Etat de droit.
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Crédit photo : JM ROMERO
Publié par FNE Haute-Savoie
Le Jeudi 29 janvier 2026
https://www.fne-aura.org/actualites/haute-savoie/bouquetins-du-bargy-abattus-le-prefet-rappele-a-lordre/
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