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mobilisation FNE63 pour les haies

évaluer la biodiversité des haies existantes, avec l'objectif de les protéger avec les outils règlementaires existants.

Dimanche 12 mai 2024 Agriculture Biodiversité Eau

Etant fréquemment alertés par les destructions de haies actuelles, par le biais de « sentinelle de la nature », haies parfois anciennes et donc riches en biodiversité, nous avons choisi une façon d’agir un peu à part : évaluer la biodiversité des haies existantes, avec l’objectif de chercher à les protéger avec les outils réglementaires existants.

Ce projet s’appelle « sentinelle du bocage » : Claire nous accueilli.e.s à la Besse (commune de Cisternes la forêt) dans sa ferme « la ferme des Verveines » pour la journée pour une formation le vendredi 5 avril.

Les détails dans le flyer joint.

Le CR ensuite !!

CR de la journée par Didier, satisfait d’avoir été un peu acteur et non plus simple observateur

1) l’accueil

J’ai failli me perdre…Haies  je vous haïs, me disais-je en pastichant André Gide, mais pas très longtemps.

Je suis enfin à Cisternes la Forêt ce 5 avril 2024 pour la journée de formation sur les sentinelles du bocage, dans une ferme familiale de 300 ans, la ferme des Verveines. Tout à fait propice à prendre un thé en arrivant avec brioches de fournil bio.

Bien sûr ce fut la surprise : la réunion a lieu en salle de traite à côté de la bergerie ancienne où les Manech à tête noire intriguées nous observent.

Hop, nous déroulons l’écran perlé vintage de FNE 63 et les 12 participants qui ont apporté leur siège, s’installent. Jeunes et moins jeunes. Beau mélange de générations. Claire est là car c’est elle qui nous accueille et nous allons vite comprendre pourquoi dans les nombreuses discussions.

Ordinateur, projecteur (c’est nouveau pour une salle de traite) et la lumière des diapositives fut.

2) Et si on regardait quelques diapositives, pour comprendre les haies et savoir comment agir ensuite pour les protéger

En un premier temps Romain (FNE42) nous présente la partie théorique indispensable. Les diapositives joliment illustrées par des belles aquarelles, défilent même si à tout moment la discussion entre participants reste privilégiée.

Quelques points abordés:

¤ qu’est-ce qu’une haie ? 3 strates arbres arbustes herbe avec une largeur de moins de 20 m selon la PAC.

¤ Quelques chiffres attristants. 70 % des haies ont disparu depuis 1960 soit actuellement 8500 km perdus à cause du Remembrement ( il faut « toujours » plus grand) et l’Urbanisation. L’outil pour remonter le temps c’est le portail IGN qui permet de comparer des photos avant après.

¤ Il n’y a pas de statut juridique pour défendre les haies ni de réglementation . Il faut donc trouver d’autres moyens car nous avons aussi vite compris que les organismes à consulter sont multiples, ce qui rend les actions difficiles pour les associations : car la question reste mais qui est donc responsable de quoi ?

Ces moyens sont par exemple :

– les espèces protégées inféodées aux haies et la réglementation associée.

– le taux de 4 % d’IAE (infrastructures agroécologiques) comme jachère, muret, mare, haie. Ce sont autant de refuges pour la biodiversité mais la PAC veut réduire ce pourcentage de la surface agricole utile (SAU).

– la mission haie et le label haie pour l’information/motivation auprès des agriculteurs.

– les trames vertes ou bleus.

– il y aurait aussi en 2024 la création d’un observatoire de la haie par télé-détection, mais qu’en est-il de la qualité de la haie car 80 % des haies existantes sont en mauvais état.

– Plutôt que le détruire pour replanter avec subvention ne vaut-il pas mieux donner une nouvelle chance aux haies existantes?

– participation aux commissions pour des communes n’ayant pas encore de PLU (CIAF : Commissions Inter comunales d’aménagement fonciers suivies de CCAF : commissions communales) car cette participation permet d’apporter un certain nombre d’exigences agricoles ou forestières sur l’avenir de zones de friches, mais comment être partout à la fois pour FNE 63 qui est toujours conviée?

et puis il reste aussi cette idée simple : les consommateurs représentent 98 % de la population pour 2 % des agriculteurs. Les consommateurs n’ont-ils donc pas un rôle à jouer pour orienter l’agriculture par le choix de leur nourriture?

3) et les sentinelles du bocage dans tout cela ?

Alors que propose la FNE 63 pour cette journée de formation?

– D’abord prendre en main un outil informatique Sentinelle de la nature qui existe déjà et qui permet de documenter des alertes quand des haies sont agressées (Ces alertes permettent d’informer les maires et entre autre l’Office français de la biodiversité qui a pouvoir de police)

– Faire un inventaire des haies les plus riches dans un but de protection éventuelle en utilisant le même outil informatique sous un autre angle,…..mais pour cela il faut:

. des volontaires ! les sentinelles formées. Bref : nous.

. une grille de cotation existante pour estimer la qualité de la haie sur des critères communs.

. sélectionnez les haies grâce au Géoportail IGN.

. aller sur le terrain pour documenter le statut de la haie et sa biodiversité associée.

. contacter les tuteurs de FNE 63 pour être conseillé et aidé si besoin.

. faire valider les rapport documentés des sentinelles par les responsables de cette mission.

Oui il faut de la passion, de la patience, de la bienveillance aussi car tout n’est pas facile…

4) Pause déjeuner et Travaux Pratiques

Une équipe de FR3 est venue dans la matinée et nous a suivis une partie de la journée. Après le sympathique déjeuner au soleil où nous avons goûté entre autres le fromage de brebis et la tomme de vache Ferrandaise de la ferme (et oui cette variété ancienne a été sauvegardée !), nous sommes allés sur le terrain observer voire ausculter, les nombreuses haies présentes de la ferme des Verveines.

A nous les travaux pratiques pour se familiariser et renseigner les grilles d’évaluation par rapport à certaines contraintes. Sûr que nous n’allons plus regarder les haies de la même manière. Comprendre les haies c’est déjà mieux les apprécier.

Sur cette ferme, les haies ont été préservées malgré les injonctions liées au remembrement. C’est une volonté des propriétaires très sensibles aux avantages et à l’esthétique du paysage de haies. Même si certaines parcelles ont été agrandies, les haies intermédiaires ont été conservées et aménagées pour le passage des engins. Nous avons pu constater la richesse en biodiversité et densité des haies historiques par rapport aux haies plantées même de 25 ans d’âge, où le plastique est encore présent au sol, quelle aberration !. Il n’y a pas photo.

Les haies historiques sont donc très précieuses comme les mares, les murets, les tiers lieux de jachère.

Au travail les sentinelles du bocage!

Pensons sauvegarde car c’est possible !

Les toniques acteurs de la ferme des Verveines l’ont fait et le font encore ; merci à eux qui nous montrent l’exemple et nous guident. La tâche est rude certes, mais chassons les idées négatives pour rester confiant, soyons un pôle moteur, volontaire, obstiné et patient, montrons l’exemple, entraînons les autres! Jolies réflexions de la maman de Claire.

Ainsi ici, c’est du bocage vivant et heureux ; ici et autour car l’esprit haie a conquis les voisins.

Non aux régions mortes comme la Champagne.

Vive les haies, vivez les haies, car je vous aime. Vite, Actions!

Publié par FNE Puy-de-Dôme

Le Dimanche 12 mai 2024

https://www.fne-aura.org/actualites/puy-de-dome/mobilisation-fne63-pour-les-haies/

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