LA CLUSAZ : Aménagement du secteur Merle
Saucissonner pour minorer
La commune de La Clusaz projette l’aménagement du domaine skiable du secteur Merle (stade du Louveteau), Pistes des Mélèze et Combe des juments. Cela fait suite au projet d’aménagement du secteur de Balme, passé en enquête publique l’année passée. Nous déplorons cette artificialisation croissante du domaine skiable qui s’accompagne encore d’une extension du réseau d’enneigement artificiel, au détriment d’une réelle politique de transition pour le territoire.
Ce projet comprend 14 projets, répartis en 4 phases successives, avec une réalisation programmée de 2026 à 2029 : création de pistes, extension du réseau d’enneigement artificiel, nouvelles remontées mécaniques, piste de VTT, tyrolienne à virage, accrobranche et tour multi-activités. La majorité de ces projets vise à conforter l’offre de ski. La diversification n’intervient que pour les chantiers 10 à 12, constituant le «Projet diversification Family Run».
L’ensemble n’a pas fait l’objet d’une enquête publique unique
Comme l’autorité environnementale (MRAe), nous relevons pourtant une forme de saucissonnage des projets d’aménagement en cours sur le domaine skiable de La Clusaz. En effet, le périmètre du projet n’intègre pas l’aménagement de la combe de Balme (et les opérations afférentes) qui est passé en enquête publique en 2025. L’évaluation environnementale présentée est dès lors fortement lacunaire : on peut s’interroger sur le nombre d’hectares de terrassements de pistes, le volume global des déblais/remblais et les besoins en eau de l’ensemble des travaux, qui ne sont pas présentés dans un bilan consolidé.
Or, l’évaluation doit porter sur l’ensemble du projet, y compris en cas de fractionnement dans l’espace, afin d’apprécier les risques dans leur globalité. On peut également s’interroger sur la légalité du montage retenu. L’ensemble de ces opérations n’aurait-il pas dû faire l’objet d’une procédure d’Unité Touristique Nouvelle ?
Investir toujours plus… mais à quel prix ?
Dans un contexte de réchauffement climatique avéré avec des conséquences toujours plus visibles sur les territoires alpins et une ressource en eau précieuse qui vient déjà à manquer, nous ne comprenons pas comment l’extension sans fin du réseau de neige artificielle peut encore être promue à des altitude et à des expositions où la neige est condamnée à moyen terme. Cette logique atteint son comble avec le projet d’enneiger artificiellement la combe des Juments (1240), un secteur orienté sud où la neige ne tient déjà pas.
Une fuite en avant
Nous déplorons également l’ampleur des terrassement prévus dans des zones de montagne où la biodiversité et les écosystèmes sont d’une fragilité extrême.
Les aménagements dits « quatre saisons » ne doivent pas servir de prétexte pour continuer de déboiser et sacrifier des espaces naturels. Nous sommes face à un risque de fuite en avant, comme cela était le cas dans le cadre des aménagements pour les sports d’hiver. La montagne est un espace naturel de contemplation, qui peut accueillir certains équipements pour diversifier les activités mais il est illusoire d’imaginer que les revenus générés par le ski seront intégralement transférables aux activités estivales.
Avis de FNE Haute-Savoie à l’enquête publique sur l’aménagement du secteur Merle
Pour toutes ces raisons nous avons donné un avis défavorable à cette liste de projets d’aménagement en montagne. Mais nous nous interrogeons plus largement. Jusqu’où est prête à aller la commune de La Clusaz dans son entreprise de « Disneylandisation » ?
Publié par FNE Haute-Savoie
Le Mercredi 06 mai 2026
https://www.fne-aura.org/actualites/haute-savoie/la-clusaz-amenagement-du-secteur-merle/
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