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La Clusaz : l’accaparement de l’eau déclaré d’utilité publique

Le Préfet de la Haute-Savoie vient de signer la déclaration d’utilité publique du projet de retenue collinaire de la Colombière, sur le plateau de Beauregard, dans les Aravis. Cette décision est irrationnelle face au changement climatique qui se conjugue désormais au présent et est irresponsable face à l'avenir.

Vendredi 23 septembre 2022 Juridique

A l’heure ou la sécheresse et le manque d’eau deviennent des réalités quotidiennes, même dans les Alpes, il est insensé de vouloir continuer à utiliser la ressource en eau pour créer de la neige artificielle.

La solution de retenue collinaire est inefficace et même contre-productive, car l’eau à l’air libre s’évapore à grande vitesse en cas d’été chaud. Un tiers du volume d’eau piégé par la retenue peut ainsi être perdu par évaporation, soit 50 000 m3 cube sur les 150 000 m3 de la retenue. A titre d’illustration, au cours des journées chaudes de l’été, le lac d’Annecy perdait 1 cm de hauteur d’eau par jour !

De plus, la création de cette retenue va engendrer la destruction d’une forêt et de zones humides, qui sont aujourd’hui des puits de carbone piégeant de grandes quantités de CO2 dans les sols. Leur élimination conduira à un relargage de CO2 dans l’atmosphère, aggravant encore la situation climatique.

Un écran de fumée complètement transparent

Afin de faire accepter la réalisation d’un ouvrage anachronique et contraire à l’intérêt général, le Préfet évoque l’utilisation de l’eau de la retenue pour les troupeaux et pour l’alimentation en eau potable des habitants.

Pour l’agriculture locale, un été comme celui que nous venons de vivre montre que le problème n’est pas simplement d’abreuver les troupeaux, mais la disparition des pâturages, jaunis tôt dans la saison par la sécheresse, même sur les plus hauts alpages. Pour sauver l’alpagisme, une réflexion globale et avec toutes les parties prenantes est indispensable, car la question va devenir récurrente.

L’alimentation en eau de La Clusaz est également un problème à part entière auquel le projet de retenue ne répond pas. Où est prévue l’usine de potabilisation et par qui va-t-elle être financée ? Là encore la question de l’alimentation en eau potable doit faire l’objet d’une réflexion spécifique, avec la définition de solutions crédibles et efficaces.

Une retenue qui n’apporte pas de solutions, mais aggrave le problème

Ce projet aggrave en réalité le problème du changement climatique auquel il est censé répondre. Il est urgent de cesser de détruire les forêts et les zones humides, qui sont de précieux alliés pour le climat, mais aussi pour la biodiversité, en grave danger également. L’eau est indispensable à la vie et est une ressource qui se fait rare. Il n’est plus recevable qu’elle soit utilisée de façon aussi frivole que pour l’affichage marketing des stations de ski souhaitant montrer l’étendue de leurs pistes enneigées artificiellement.

Il nous apparaît urgent et nécessaire d’engager une réflexion collective sur les usages partagés de l’eau dans les hauts bassins de montagne, afin de protéger la ressource et les milieux aquatiques. Le projet de Beauregard illustre malheureusement l’absence d’une telle réflexion, et ne fait qu’aggraver la tension environnementale et sociétale autour de ces enjeux.

Ressources complémentaires

Pour découvrir le communiqué de presse commun de Mountain Wilderness, La Nouvelle Montagne, FNE AURA et FNE Haute-Savoie, cliquez ici.

Pour visualiser le reportage de France 3 du 20 septembre, cliquez ici.

Publié par FNE Haute-Savoie

Le Vendredi 23 septembre 2022

https://www.fne-aura.org/communiques/haute-savoie/la-clusaz-laccaparement-de-leau-declaree-dutilite-publique/

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