La DSFLI (la quoi?) est essentielle pour rallumer les étoiles.
Parmi les notions importantes à considérer lorsque l’on parle d’éclairage public ET d’éclairage privé, il y a la DSFLI. La densité surfacique de flux lumineux installé. Dit comme cela, on pourrait croire à un concept réservé aux initiés. Pourtant, c’est une notion très simple qu’il est obligatoire de prendre en compte que vous soyez un particulier, un éclairagiste, un aménageur, un électricien, une collectivité. On vous explique.
La DSFLI, à quoi ça sert ?
L’arrêté de 2018 relatif aux nuisances lumineuses définit cette notion de DSFLI pour limiter la multiplication des lampadaires et contraindre à éclairer de façon efficace. L’objectif est donc clair : éclairer uniquement la surface utile sans gaspillage de lumière. L’arrêté donne alors la quantité de lumière qu’il est possible d’envoyer dans l’environnement en fonction de ce que l’on veut éclairer. On peut retenir qu’en agglomération la DSFLI, ne doit pas dépasser 35 lumens/m² pour les voiries, chemins piétons, et 25 lumens/m² pour les parkings (les autres usages sont dans l’arrêté). Cela concerne l’éclairage public ET privé.
Quelle différence entre les lumens et les lux ?
La DSFLI se calcule d’après les informations données par le fabricant du luminaire (lumens) et la connaissance de la surface à éclairer (facilement calculable sur un plan). Elle ne se mesure donc pas sur le terrain.
Le calcul est simple, c’est la somme des lumens de chaque lampadaire / surface à éclairer (là où on met les roues, les pieds).
Les lumens représentent la quantité de lumière qui est émise par la source (l’ampoule). Ils remplacent l’ancienne puissance donnée en watt.
Les lux, eux, représentent la quantité de lumière qui atteint le sol. Ils se mesurent sur le terrain ou grâce à des modélisations (études d’éclairement).
Entre les deux, des rayonnements sont « perdus ». Il n’y a donc pas la même quantité de lumière entre la source et le sol. Si vous voulez avoir un éclairement efficace au sol, il faut faire en sorte que le lampadaire optimise la lumière qu’il émet vers la surface qu’il doit éclairer.
La théorie et la pratique en éclairage public
Dans la réalité, les professionnels de l’éclairage se basent sur la norme européenne EN 13-201 pour l’éclairage public. Cette norme est la référence technique qui définit les éclairements minimum (en lux) pour garantir la sécurité et le confort visuel des éclairages selon le type de voies.
Lors d’un projet d’installation ou de rénovation, les fabricants fournissent une étude d’éclairement, c’est à dire une modélisation de l’éclairage prévu qui rend compte des lux mesurés au sol. C’est à ce stade du projet que la DSFLI devrait être calculée. Si certains fabricants fournissent cette donnée, elle n’apparaît pas encore de façon systématique.
Bien que la norme soit la référence technique pour les professionnels, elle reste d’application volontaire. Contrairement à l’arrêté de 2018 qui rend obligatoire le calcul de la DSFLI pour s’assurer de la conformité du projet. Ces deux notions sont compatibles. Il ne reste plus qu’à ce que la prise en compte de la DSFLI rentre dans les pratiques.
Et pour l’éclairage privé ?
Que vous soyez l’électricien en charge de proposer les éclairages extérieurs d’un bâtiment (résidentiel ou non résidentiel) ou un particulier souhaitant sécuriser les cheminements de sa maison, la « puissance » (en lumens) de l’éclairage doit être choisie en fonction de la surface à éclairer.
La règle de 3 ! Si vous avez un cheminement piéton de 100 m² à éclairer, vous devez choisir un luminaire d’environ 35 (lm/m²) x 1000 (m²) = 3500 lumens. Si vous avez besoin de plusieurs points lumineux, vous devez diviser ces 3500 lumens par le nombre de points pour connaître la « puissance » que chacun devra avoir.
Le cas particulier des cheminements PMR
Pour les accès PMR, deux arrêtés définissent des seuils. L’arrêté du 20 avril 2017 du code de la construction et de l’habitation issu de la loi « pour l’égalité des droits et des chances » détermine un seuil minimum d’éclairement moyen à 20 lux. C’est ce que les bureaux de contrôle vérifient lorsqu’un projet de bâtiment est à l’étude.
L’arrêté de 2018 « pollution lumineuse » qui appartient au code de l’environnement définit que pour les cheminements PMR, la DSFLI est remplacée par la mesure de l’éclairement moyen au sol qui ne doit pas dépasser les 20 lux.
En théorie, c’est donc simple, les deux arrêtés s’accordent sur 20 lux, ni plus, ni moins. En pratique, il existe une tension sur ce sujet car les bureaux de contrôle sont dédiés à la vérification du code de la construction et de l’habitation, et non à celui de l’environnement. Un ajustement est donc à trouver pour fluidifier l’application de ces deux arrêtés sans surcharger les bureaux de contrôle.
Publié par FNE Auvergne Rhône Alpes
Le Vendredi 12 juin 2026
https://www.fne-aura.org/actualites/region/la-dsfli-la-quoi-est-essentielle-pour-rallumer-les-etoiles/
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