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Que la montagne est belle !

Lundi 30 septembre 2024 Juridique Montagne

Certains d’entre vous ont passé une partie de l’été à arpenter les montagnes d’Auvergne-Rhône-Alpes, aussi belles que diverses et riches de naturalité. C’est dans ces territoires si particuliers que l’on peut se laisser envahir par ses émotions devant la beauté du monde et communier avec la nature, dont nous faisons intimement partie. J’espère que vous en avez profité jusqu’à satiété !

Pour autant, nos chères montagnes ne sont pas épargnées de l’appétit vorace de certains humains grands prédateurs ! Les Alpes du Nord, et à un moindre degré les monts d’Auvergne et du Jura, ont payé un lourd tribut aux aménageurs des 30 « Glorieuses » et au « Plan neige » qu’elles ont engendré, qui n’en finit pas de vomir ses mètres cubes de béton, de bitume et ses kilomètres de câbles.

Le Plan neige a sans doute permis à un moment donné de générer des emplois et de « fixer » la population locale. Mais il a surtout permis à une poignée de notables de s’enrichir considérablement, en accaparant l’activité commerciale et le patrimoine immobilier.

L’engouement pour les « sports d’hiver » a généré toute une armée de profiteurs, promoteurs immobiliers et affairistes, qui ont saisi l’eldorado économique qui pouvait se mettre en place :

  • Des aménagements en veux-tu en voilà (pistes, remontées mécaniques, retenues collinaires, réseaux d’enneigement artificiel) financés par de l’argent public.
  • Des niches fiscales spécialement créées pour attirer les investisseurs immobiliers.
  • Une planification permissive de l’urbanisation avec délivrance complaisante de permis de construire.

Ainsi s’installe la croyance tenace qu’il n’y a pas d’avenir possible en montagne sans ski de masse. Et pourtant, le ski de masse n’a nullement augmenté le revenu médian des populations, qui reste inférieur aux moyennes départementales (Source INSEE). Et pourtant, la population active des stations de ski diminue à un rythme préoccupant (Source INSEE). Et pourtant, il existe bien des territoires de montagne vivants où cette industrie destructrice est absente ou au second plan…

Un autre futur est possible que celui de mourir surendetté pour payer les soins palliatifs de l’industrie du ski et continuer à enrichir les grosses entreprises du BTP, les promoteurs immobiliers et les propriétaires de magasins de sport. Un autre avenir est possible que de subir le départ des jeunes actifs, qui ne peuvent plus se loger en raison de la spéculation immobilière. Un autre avenir est possible que de vivre au milieu de friches touristiques quand les ressources seront épuisées, car l’argent dépensé pour faire de la neige artificielle ne sera plus disponible pour fabriquer l’avenir !

A ce propos, que font les multiples instances dédiées à la montagne : ministères, comités de massifs, commissariats de massifs, conseils régionaux, conseils départementaux, syndicats intercommunaux, communautés de communes, communes ? N’est-il pas grand temps que le « mille-feuille » administratif se mette au travail pour autre chose que des retenues collinaires et des pistes de VTT de descente ?

Certains élus, qui ont compris que la plus grande richesse de la montagne est sa nature exceptionnelle conjuguée à la puissance de ses paysages, semblent désormais trouver une écoute.

Des exemples ? Les SCoT [1] de l’Oisans et des Aravis renoncent à la majorité des grands projets d’extension de domaines skiables et d’urbanisation.

Eric Feraille
Pilote des Réseaux Montagne et Juridique de FNE AURA

[1] Schéma de cohérence territoriale : outil de conception et de mise en œuvre d’une planification stratégique intercommunale, à l’échelle d’un large bassin de vie ou d’une aire urbaine, dans le cadre d’un projet d’aménagement stratégique (PAS).

Publié par FNE Auvergne Rhône Alpes

Le Lundi 30 septembre 2024

https://www.fne-aura.org/actualites/region/que-la-montagne-est-belle/

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