Celui qui défend la nature défend aussi la démocratie
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Le fameux « L’environnement, ça commence à bien faire » de Nicolas Sarkozy a marqué la fin d’une époque. Celle du dialogue, de la concertation, du progrès qui semblait inexorable dans la prise en compte de l’environnement et de la protection de la nature.
Désormais, dans le climat délétère actuel, il est de bon ton pour les politiciens d’extrême droite, de droite et du centre droit de cibler tout ce qui a trait à la protection de l’environnement. Entre discours caricaturaux, appels à la haine, dénigrement de l’Administration, fantasme de la « République des juges » et régressions législatives et/ou réglementaires, on ne sait plus où donner de la tête !
La loi dite « Duplomb » et le décret mettant l’ANSES [1] sous tutelle du ministère de l’agriculture sont les derniers avatars d’une longue série de régressions du droit de l’environnement. Et quand l’état DU droit régresse, c’est l’ÉTAT DE DROIT qui s’affaiblit et la démocratie avec [2].
Pourtant, les enquêtes d’opinion révèlent les unes après les autres que nos compatriotes considèrent que le climat, la préservation de la qualité de l’eau et de l’air et la protection de la nature sont des enjeux importants. La mobilisation estivale contre la loi dite « Duplomb », avec plus de deux millions de signatures citoyennes, en dit plus long que mille sondages ! Et pourtant, nos dirigeants, nos Députés et nos Sénateurs restent sourds et aveugles à ces demandes. Ils continuent à fouler au pied les aspirations de la population à vivre dans un environnement plus sain, à profiter de la nature et de la baignade en rivière, à ne pas respirer ou absorber quotidiennement des substances toxiques, etc. Ils continuent avec indécence à se plier à la volonté des lobbies les plus abjects !
Nos concitoyens aspirent aussi à « boucler les fins de mois », vivre décemment de leur travail et ne pas avoir à subir des mesures proclamées comme « vertes » mais socialement injustes. Des exemples : Il n’est pas pensable de pénaliser les utilisateurs de véhicules personnels pour les allers-retours domicile-travail sans développer un réseau de parkings relais et de transports en commun moins cher que la voiture pour garantir la liberté de se déplacer, et c’est une provocation de le faire sans toucher aux déplacements en jets privés des plus riches !
Il n’est pas admissible de taxer lourdement le gasoil pour les gens qui n’ont d’autres choix que de prendre leur voiture pour se déplacer sans revenir sur les avantages fiscaux des carburants des chaînes logistiques de transport routier en poids lourds et des transports aériens qui portent leur part de responsabilité dans la qualité de l’air et le changement climatique.
Enfin, il n’est pas acceptable de culpabiliser « ceux qui prennent l’avion » alors que les billets de train sont vendus à des tarifs prohibitifs.
Les français n’en peuvent plus de supporter le poids de l’incurie de leurs dirigeants au nom de mesures environnementales qui n’en sont pas ! Alors ne feignons pas de nous étonner que les français, depuis toujours sensibles à l’injustice, puissent se tourner vers des partis qui pourfendent « l’écologie ».
Face aux manipulations des lobbies économiques et de leurs relais politiques, à nous de prendre garde à la justice sociale dans nos plaidoyers et prises de position, à nous de prendre en compte les contraintes de ceux qui ne vivent pas dans les métropoles et se sentent (à juste titre) laissés pour compte.
A nous surtout de trouver les mots pour faire partager cet amour de la nature qui nous étreint à ceux qui ne demandent que ça mais ne nous comprennent pas !
Eric Feraille
Edito newsletter mensuelle
[1] ANSES : Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail.
[2] Conférence « Peut-on sauver la démocratie environnementale ? » – F. Odier.
Publié par FNE Auvergne Rhône Alpes
Le Vendredi 26 septembre 2025
https://www.fne-aura.org/actualites/region/celui-qui-defend-la-nature-defend-aussi-la-democratie/
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