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Notre région est la deuxième région de France en termes de biodiversité et de poids économique. Elle est une de celles où la pression sur la biodiversité et les ressources naturelles est considérable. Au regard des compétences du Conseil Régional et des Conseils départementaux, nous soumettons aux candidats les 21 propositions 2021 de FNE AURA pour une Région et des Départements en transition écologique et climatique. Ces objectifs très concrets, répartis en 7 thématiques, ici nos forêts, doivent selon nous guider leur action.

Lundi 14 juin 2021 Forêt

Pour des forêts réservoirs de biodiversité et de résilience

Auvergne-Rhône-Alpes est la première région de France en termes de volume de bois sur pied et donc de carbone stocké par les troncs d’arbres (sans oublier les sols), la seconde pour la croissance des forêts et la troisième en récolte de bois. La forêt, couvrant 36% de son territoire, y abrite une biodiversité particulièrement remarquable, depuis les franges méditerranéennes jusqu’aux sommets alpins en passant par les forêts alluviales.

Cette forêt n’est pas une ressource inépuisable, elle s’est remise de l’exploitation intensive pour le charbon de bois mais souffre du réchauffement climatique.

Ce sont surtout les plantations d’arbres, tous de la même espèce et du même âge, qui rendent la forêt vulnérable aux tempêtes, sécheresses, canicules et incendies, et aux maladies : scolytes sur l’épicéa, chalarose sur le frêne, encre et chancre sur le châtaignier, pyrale sur le buis.

L’urgence est donc d’assurer la bonne survie de la forêt par sa résistance et sa résilience aux chocs climatiques annoncés et par sa capacité d’adaptation à des évolutions imprévisibles. La seule voie pour cela est d’améliorer sa diversité biologique.

La biodiversité est plus que jamais l’assurance-vie de nos forêts. Il s’agit en fait de reconstruire une stratégie forestière, en partant des préoccupations de biodiversité et non plus de la production.

PROPOSITION 17 : Développer une sylviculture centrée sur l’arbre, abolir les coupes rases, ne pas remplacer les forêts indigènes par des plantations d’arbres exotiques

Une sylviculture en « futaie irrégulière », travaillant arbre par arbre, est à privilégier pour permettre la résilience de la forêt, la diversité des peuplements forestiers ainsi que leur perméabilité aux espèces sauvages. Les coupes rases qui déstockent le carbone du sol et ravagent la biodiversité doivent devenir l’exception, elles sont totalement à rebours des objectifs climat. Pour cela, les plantations sur coupe rases ne doivent plus être aidées et les économies réalisées utilisées pour la conversion des « futaies régulières » en « futaies irrégulières ».

Les introductions d’espèces non-indigènes doivent être fortement encadrées pour éviter les espèces invasives. Elles ne devraient se faire que ponctuellement par points d’appui, dans une logique d’augmentation de la biodiversité et non pas de substitution des essences. Les plantations d’espèces exogènes doivent être exclues des aides publiques.

La démarche Sylv’ACCTES, mise en place en 2015 par la Région, en partenariat avec les collectivités locales, les forestiers et les associations, pour soutenir une sylviculture vertueuse adaptée aux problématiques de chaque territoire, constitue un outil privilégié à préserver.

PROPOSITION 18 : Engager les Départements et la Région dans la politique de 10% de forêts en libre évolution

Forestiers et naturalistes s’accordent sur la nécessité de laisser des peuplements forestiers complets en libre évolution, c’est à dire hors exploitation, pour permettre une véritable dynamique évolutive de la biodiversité. Ces parcelles doivent former un réseau de réservoirs, laboratoires de la biodiversité. Ces forêts en libre évolution associées au maintien d’arbres remarquables, morts ou sénescents dans les parcelles exploitées, constitueront une “trame de vieux bois” intéressante au sein des trames vertes et bleues dans le Schéma Régional de Cohérence Ecologique (SRCE).

L’ambition politique et l’animation de la Région et des Départements est essentielle pour la mise en place concrète de cette “trame de vieux bois” au niveau des collectivités locales et des particuliers. Ce projet est en avance en Auvergne-Rhône-Alpes car développé depuis 2010 par les principales institutions forestières et environnementales et piloté par l’ONF. Ce réseau d’acteurs constitue un support actif sur lequel s’appuyer avantageusement.

PROPOSITION 19 : Soutenir une filière bois de proximité, sociale et solidaire dans une logique d’économie circulaire

C’est l’industrie de la transformation qui doit s’adapter aux produits de la forêt et non pas l’inverse. Une orientation de la sylviculture vers la biodiversité renforce encore cette nécessité. En retour, une industrie qui s’adapte à la production primaire est plus résiliente aux aléas météorologiques et économiques.

A l’exemple de la Suisse ou de l’Autriche, des techniques spécifiques sont à développer tant pour l’exploitation des bois que pour leur valorisation. La région Auvergne-Rhône-Alpes dispose pour cela de compétences tant opérationnelles que scientifiques. L’intelligence artificielle devrait permettre le développement d’une mécanisation innovante adaptée à la diversité des arbres, des milieux et des contextes. La commande publique est pour cela un levier important, notamment par le soutien aux labels de qualité.

Les centrales au bois en sont aujourd’hui un parfait contre-exemple à éviter absolument. En faisant du bois-énergie un produit principal, alors qu’elles devraient relever de la filière déchets, elles poussent à des boisements de plantation très dommageables à la biodiversité, tout en asséchant la ressource de bois des collectivités locales qui pourraient la valoriser de façon plus intégrée et multifonctionnelle.

Publié par FNE Auvergne Rhône Alpes

Le Lundi 14 juin 2021

https://www.fne-aura.org/actualites/region/tonbulletin-cest-ta-foret/

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