Recours juridiques imminents et appel aux mobilités alternatives
Les recours juridiques qui vont être lancés par de nombreux requérants, dont FNE Haute-Savoie, sont en cours de finalisation et seront lancés de manière imminente. La destruction de près de 180 hectares de zones humides, forêts et prairies ne saurait être justifiée par un projet dont l’intérêt est aussi douteux.
Les véritables solutions à l’engorgement routier passent par les développement des mobilités alternatives et respectueuses du climat et du vivant : renforcement du ferroviaire, des bus et des aménagements cyclables structurants. Quelques aménagements routiers ponctuels permettraient d’améliorer la qualité de vie dans certains bourgs.
Un diagnostic erroné et à contre sens
D’après les
experts, la justification de ce projet repose sur des études et concepts erronés datant des années 1990. Fort de sa ligne ferroviaire et de ses deux départementales, le Chablais ne peut pas être qualifié de territoire enclavé. La saturation actuelle ne provient pas d’un manque d’infrastructure routière, mais d’un engorgement causé par les flux pendulaires massifs vers Genève, Annemasse et les autres bassins d’emplois du département. Cette saturation peut être allégée par le développement du Léman express et des bus « à haut niveau de service ».
L’élargissement des « tuyaux routiers » constitue une réponse inadaptée qui, par effet d’appel d’air, provoquerait une augmentation mécanique du trafic et aggraverait l’engorgement des routes du Chablais et de ses abords à moyen terme.
Des gains de temps éphémères, une congestion rapidement aggravée
D’après le concessionnaire, les aménagements routiers en projet (A412 et élargissement de la RD 903 à entre le carrefour des Chasseurs et l’A40) réduiraient les temps d’accès à Genève de 6 mn en moyenne par rapport à la situation de 2019. D’ici 2042, ce gain de temps serait entièrement perdu et il faudrait 6,5 mn de plus qu’en 2019 pour rejoindre Genève !
En moins de 15 ans, le trafic automobile vers Genève doublerait, passant d’environ 11 000 véhicules en 2027 à environ 22 000 véhicules par jour en 2042, avec l’appel d’air créé par l’agrandissement des capacités routières (dossier de Demande d’Autorisation Environnementale, Pièce D – Annexes de l’étude d’impact, Volume 1 : Trafic, Page 59).
Le dangereux « effet entonnoir » de l’A412 augmenterait le flux de véhicules et intensifierait les embouteillages en amont, en aval de l’infrastructure et à Perrignier, où un échangeur est prévu, transformant ce projet en échec coûteux et source de frustrations durables pour les usagers.
Toujours plus de routes ? Projets routiers locaux, mobilisations, alternatives
FNE Haute-Savoie coorganise ce mercredi une soirée de conférence et débats sur les multiples projets routiers qui sont encore en projet des deux côtés de la frontière. 10 associations et organisations présenteront leurs stratégies de mobilisation et alternatives concrètes. La soirée se clôturera par un apéritif permettant d’échanger avec les associations participantes.