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Priorités vitales #3 – Une nature protégée

Jeudi 25 juin 2020 Biodiversité Climat

Outre la catastrophe sanitaire qu’elle représente, la pandémie de Covid-19 a pointé du doigt les failles de notre société. Elle est une injonction à rebâtir de nouvelles bases, plus respectueuses de notre santé et de l’environnement. Dans un précédent article, FNE AuRA s’est penché sur la question en réaffirmant 6 priorités vitales. Aujourd’hui, c’est Georges Erome, Vice-président de la fédération régionale FNE AuRA, qui répond à nos questions. Naturaliste et militant engagé, il nous partage des propositions pour que chacun.ne puisse enfin dire OUI à une nature protégée !

Comment l’association FNE AuRA agit-elle concrètement pour une meilleure cohabitation entre la faune sauvage et les activités humaines ?

Prenons le cas du loup. Il est significatif voire caricatural en termes de conflit entre les activités humaines et la présence de la faune sauvage. En effet, en Auvergne-Rhône-Alpes, il y a une population significative de loup (environ 40 meutes). La présence de l’espèce pose problème à certains éleveurs qui subissent des attaques. Nous avons ainsi créé un groupe « Loup » régional pour développer une meilleure cohabitation entre les activités humaines et l’espèce.

En 2019, plus de 30 loups ont été abattus sans qu’il y ait eu un contrôle effectif des moyens de protection des troupeaux mis en place.

Plus concrètement, nous faisons en sorte que les moyens de protection à mettre en place pour protéger les troupeaux soient effectifs. Aujourd’hui, certains éleveurs qui concentrent un maximum de dégâts ne prennent pas pour autant les mesures de protection nécessaires. Ces mesures de protection sont pourtant connues et subventionnées. Si elles ne sont pas appliquées, il est alors anormal que les dégâts subis soient indemnisés.
Vous pouvez retrouver plus en détail sur notre site nos recommandations pour une meilleure cohabitation entre loup et éleveur.

« Le monde associatif relaie et amplifie la parole scientifique »

Nous sensibilisons aussi le grand public à travers différents événements. A ce titre, nous avons soutenu la diffusion du film de Jean-Michel Bertrand « Marche avec les loups », à sa sortie. Nous avons profité de ces séances pour organiser plusieurs débats sur la cohabitation entre le pastoralisme et le loup.

Une chose est sûre. Si nous ne changeons pas notre relation avec le vivant, nous ne devons pas nous étonner des conséquences résultantes. Les conséquences du réchauffement climatique sont devant nous et vont impacter fortement les nouvelles générations.

Comment un citoyen peut-il agir concrètement pour aider à la protection de la nature à son échelle ?

Aujourd’hui, la priorité est que chacun.e prenne conscience des enjeux auxquels nous devons faire face. Pour cela, il est possible de se renseigner facilement. De multiples ouvrages et articles très bien sourcés font constat et solutionnent la thématique. Un certain nombre d’entre eux sont d’ores et déjà disponibles sur notre site, rubrique « biodiversité ». Il convient surtout d’adopter un comportement pour s’acculturer les mécanismes biologiques. L’important est de pouvoir comprendre quelle est la place de chaque espèce dans les écosystèmes. Une telle démarche permet d’obtenir les clés du débat environnemental.

Vous pouvez également agir dans votre quotidien en faisant le choix d’une consommation responsable et raisonnée. Plus ponctuellement, au moment de voter, restez rigoureux face aux discours et annonces politiques.

« Soyez curieux ! »

Enfin, il est important de rester en alerte. Nous faisons en sorte, dans la mesure du possible, de faire résonner la voix de la nature. Vous trouverez donc bon nombre d’appels à mobilisation sur notre site : pétitions, consultations publiques, etc. D’autres sites proposent également ce type de contenus. L’idée est surtout de rester vigilant à l’actualité concernant les mobilisations. Votre avis doit être entendu, car il compte.

Comment un élu, une collectivité, un organisme peut-il agir pour mieux protéger la biodiversité en AuRA ?

Tout d’abord, en prenant conscience de la situation extrêmement grave dans laquelle nous sommes. Ensuite, se saisir de l’enjeu électoral constitue un premier levier d’action. Les décisions politiques prises jusqu’à présent doivent évoluer. Il y a urgence et les conséquences sur notre cadre de vie se font déjà ressentir.
Pour cela, il est bien de se rapprocher du monde associatif afin de cesser de vivre dans une « bulle politique ». Encore une fois, le cas du loup est symptomatique. En effet, bien trop souvent la pression des lobbies agricoles prime sur les études établies par la communauté scientifique.

« Nos écosystèmes sont à bout de souffle. Il y a une nécessité d’agir aujourd’hui pour que le vivant puisse subsister demain ».

L’intérêt de la biodiversité et l’intérêt commun doivent être remis au cœur des politiques conduites par nos élus. A titre d’exemple, plus de 500 000 renards sont tués chaque année au titre d’animaux nuisibles, alors même qu’ils permettent la régulation naturelle des populations de campagnols. En effet, on estime que chaque renard capture en moyenne 5000 campagnols par an, dont les milieux agricoles se plaignent.

Pour aller plus loin sur la thématique nature

 

Crédit : Pixabay 

Publié par FNE Auvergne Rhône Alpes

Le Jeudi 25 juin 2020

https://www.fne-aura.org/actualites/region/priorites-vitales-3-une-nature-protegee/

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